La commissaire au Marché intérieur et à l’Industrie, Elżbieta Bieńkowska, a plaidé pour une vision duale de la politique spatiale dans le contexte du prochain cadre financier pluriannuel, avec un volet civil et un volet 'défense et sécurité', lors d’un débat sur l’avenir de la politique spatiale au Conseil ‘Compétitivité’, vendredi 1er décembre.
« L’espace est un moteur pour la défense et la sécurité et nous devrions briser ce qui est encore considéré comme un ‘tabou’. Nous devons reconnaître les synergies évidentes entre l’espace, la sécurité et la défense dans nos programmes », a lancé la commissaire en guise d’introduction au débat. Pour la commissaire, il est nécessaire de garantir la continuité et la durabilité des deux programmes européens dans le domaine spatial, Galileo et Copernicus, et d'accepter d’étendre leur champ d’activité aussi dans le domaine de la sécurité et la défense.
L’Irlande contre un volet 'défense et sécurité'. De nombreuses délégations ont semblé soutenir cette approche duale, plusieurs États membres soulignant l’importance de Copernicus dans la gestion des flux migratoires et dans le contrôle des frontières extérieures et de GovSatCom, qui représente la prochaine génération de satellites de communication gouvernementale pour assurer des communications sécurisées pour l’environnement civil et militaire. L’Irlande a en revanche pris le contrepied et a indiqué être contre l’introduction d’un volet défense dans la politique spatiale européenne.
Tous les États membres, sauf l’Allemagne, pour l'extension des tâches pour tous les programmes européens. De nombreux États membres ont soutenu l’idée d’étendre le champ d’application des deux programmes, en particulier de Copernicus, pour répondre aux objectifs fixés dans le cadre de l’accord onusien sur le climat de Paris (COP21). L’Allemagne, pour sa part, a plusieurs fois insisté sur la nécessité de respecter les contraintes budgétaires. Elle s’est dite défavorable à l’extension des tâches du programme du suivi des débris SST (‘Space Surveillance and Tracking’).
‘New Space’. L’essor du secteur privé était sur de nombreuses langues, la plupart des délégations – tout comme la commissaire - insistant sur la nécessité de stimuler le secteur privé européen et de renforcer des partenariats public/privé. À ce titre, Mme Bieńkowska a rappelé la signature d’un projet pilote, la semaine dernière, qui pourrait préfigurer ce genre de partenariat à l’avenir (EUROPE 11911).
Par ailleurs, la plupart des délégations ont souligné l’importance de donner plus de visibilité à la politique spatiale européenne, notamment auprès des communautés non spécialisées dans le domaine spatial. Elles ont souligné l’importance d’ancrer la future politique au niveau local et régional en incluant tous les acteurs. Toutes ont salué l’approche visant à mettre à disposition les données spatiales produites par Copernicus en ‘open source’.
Conclusions sur Copernicus et sur l’avenir du programme. Le même jour, le Conseil a adopté ses conclusions sur l’évaluation à mi-parcours du programme de Copernicus. Une évaluation particulièrement positive, selon la commissaire, qui a rappelé que les résultats vont au-delà des attentes. EUROPE a détaillé le contenu de ces conclusions dans un bulletin antérieur (EUROPE 11913).
La Présidence bulgare a détaillé son programme pour la politique spatiale en insistant sur la question des données spatiales, la coordination entre les programmes européens. Un Conseil ‘Espace’ se tiendra le 13 mars prochain. (Pascal Hansens)