La Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, a plaidé, mardi 21 novembre, pour le rétablissement de l’accès humanitaire et commercial au Yémen, où la situation de la population est catastrophique.
« Il est urgent de rétablir un accès humanitaire et commercial immédiat et total au Yémen, comme le prévoit le droit international humanitaire », a souligné la Haute Représentante dans un communiqué qui ne cite à aucun moment l'Arabie Saoudite, qui impose un blocus depuis mars 2015. Ce blocus a été renforcé début novembre après l’interception dans le ciel de Riyad d’un missile tiré depuis le Yémen. « La protection de la population civile et des infrastructures civiles doit être considérée comme une priorité par toutes les parties », a ajouté la Haute Représentante. Selon Mme Mogherini, l’accès des produits humanitaires et commerciaux à de grandes parties du Yémen - où la majeure partie de la population est concentrée – est bloqué depuis maintenant deux semaines, malgré l’ouverture des ports et aéroports sous le contrôle du gouvernement. Cela « a un impact dramatique sur la fourniture d'une assistance vitale et sur une situation qui ne cesse de se détériorer sur le terrain ». Ainsi, tout en « reconnaissant pleinement la grave menace sécuritaire en provenance du Yémen », la Haute Représentante a expliqué que l’UE était « fermement convaincue qu’entraver l'accès humanitaire, vital pour la population yéménite déjà au bord de la famine et sujette à une épidémie de choléra, ne répondrait pas efficacement à ces préoccupations de sécurité ».
Quinze millions de Yéménites étaient déjà en situation de crise alimentaire avant le renforcement du blocus en novembre. Selon les Nations unies, la famine menace sept millions de Yéménites et, selon le Comité international de la Croix-Rouge, deux millions et demi d'habitants sont privés d'accès à l'eau potable, faute de carburant pour faire fonctionner les stations de pompage, ce qui pourrait aggraver l’épidémie de choléra.
Mme Mogherini a estimé qu'il était urgent d'intensifier les efforts de toutes les parties pour reprendre le processus de négociation sous la direction des Nations Unies. (Camille-Cerise Gessant)