En vue de la 11ème conférence ministérielle de l'OMC du 10 au 13 décembre à Buenos Aires, l'UE a mis la pression sur ses partenaires en se présentant à la réunion ministérielle informelle préparatoire de Marrakech, lundi 9 et mardi 10 octobre, avec des propositions dans six domaines de travail, y compris une proposition en collaboration avec le Brésil, assortie d'un engagement politique avec les pays exportateurs agricoles du groupe de Cairns sur la réforme des soutiens internes (domestic supports) au secteur agricole.
À Marrakech, l'UE a mis ses partenaires à l'OMC, les États-Unis et l'Inde en tête, au défi d'œuvrer pour obtenir des résultats substantiels, lors de la conférence de Buenos Aires, dans des domaines clés des négociations, en particulier le commerce agricole.
« Le temps pour l'ambition est venu. Le forum multilatéral reste le meilleur moyen de traiter les questions de commerce international et l'UE continue à soutenir fermement les travaux de l'OMC. Si nous voulons un résultat positif à Buenos Aires, nous devons accélérer le rythme », a estimé lundi la commissaire au Commerce, Cecilia Malmström, dans une déclaration. « L'UE a présenté plusieurs propositions sur des questions cruciales que la politique commerciale d'aujourd'hui doit aborder. Nous espérons et attendons des autres membres de l'OMC qu'ils s'engagent de manière constructive », a-t-elle ajouté.
L'UE a mis sur la table des textes de négociation dans six domaines de travail, à commencer par une proposition commune avec le Brésil, présentée en juillet, sur la limitation des subventions faussant les échanges proportionnellement à la valeur de la production agricole (EUROPE 11831). Leur proposition vise à trouver un équilibre bien calibré, comportant une dimension de développement substantielle et excluant les pays les moins avancés des nouvelles disciplines. En outre, elle aborde aussi la question du stockage public à des fins de sécurité alimentaire (public stockholding for food security purposes), chère à l'Inde.
Lundi, l'UE et des pays exportateurs agricoles du groupe de Cairns (Argentine, Australie, Brésil, Canada, Chili, Colombie, Costa Rica, Guatemala, Malaisie, Nouvelle-Zélande, Pakistan, Pérou, Thaïlande, Uruguay et Vietnam) ont montré une volonté partagée d'avancer sur la question sensible de la réforme des soutiens internes agricoles en publiant une déclaration ministérielle réaffirmant leur engagement à trouver une solution qui limite les distorsions du marché et assure aux agriculteurs des conditions de concurrence équitables au plan mondial, tout en tenant compte des besoins particuliers des pays en développement.
L'UE a aussi présenté des propositions en matière de subventions à la pêche, de réglementation intérieure dans les services, de commerce électronique, de transparence au profit des PME et de subventions horizontales. En outre, elle fait pression des discussions sur la facilitation des investissements.
La Commission a par ailleurs annoncé lundi une contribution de l'UE à hauteur de 100 000 euros pour soutenir la participation des pays les moins avancés à la conférence de Buenos Aires. Depuis le début des années 2000, l'UE a versé près de 20 millions d'euros à des fonds fiduciaires de l'OMC, en plus des contributions importantes apportées par ses différents États membres.
Enfin, l'UE a adopté, le 6 octobre, la dernière mesure formelle nécessaire pour mettre en œuvre les décisions prises à la conférence ministérielle de l'OMC de Nairobi en 2015 sur l'élimination des subventions à l'exportation de produits agricoles (EUROPE 11458), en présentant à l'OMC sa liste révisée de marchandises qui, en plus de confirmer son engagement à éliminer des subventions à l'exportation, inclut aussi les résultats d'autres négociations récentes, notamment celles liées aux élargissements de l'UE. (Emmanuel Hagry)