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Bulletin Quotidien Europe N° 11879
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / Espagne

Toute déclaration d'indépendance en Catalogne serait nulle et non avenue, souligne M. De Guindos

S'en tenant à la ligne du gouvernement espagnol, le ministre espagnol des Finances, Luis De Guindos, a assuré que la Catalogne ne serait en aucun cas indépendante, lundi 9 octobre à son arrivée à l'Eurogroupe.

Aucune déclaration d'indépendance « n'aura lieu », a insisté le ministre, dénonçant « la radicalité » et « l'irrationalité » des autorités indépendantistes catalanes. Il a admis que la situation en Catalogne faisait du « bruit » et créait de « l'incertitude », mais qu'elle n'avait pas de conséquences fâcheuses pour l'économie à court terme.

Néanmoins, selon M. De Guindos, la décision des banques catalanes Sabadell et Caixa de déplacer leur siège hors de Catalogne, mais toujours en Espagne, est un signe. Cela signifie que, dans les circonstances actuelles, ces banques souhaitent toujours être couvertes par « le parapluie de la BCE », a-t-il noté. D'un point de vue monétaire, l'indépendance de la Catalogne aurait des répercussions sur la place de cette région au sein de la zone euro.

Alors que le président de la région catalane, Carles Puigdemont, doit s'exprimer ce mardi, la situation en Catalogne n'était pas officiellement à l'ordre du jour de l'Eurogroupe ni du Conseil Ecofin. Il s'agit d'une « affaire interne » à l'Espagne, a jugé le président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, refusant d'entrer dans ce débat.

Plusieurs participants ont néanmoins considéré la situation suffisamment sérieuse pour avoir un effet au niveau européen. Il convient de « traiter une situation sérieuse avec une approche raisonnable », c'est-à-dire par « le dialogue », a considéré le commissaire aux Affaires économiques et financières, Pierre Moscovici.

Selon le ministre italien Pier Carlo Padoan, la crise politique catalane est « un signe additionnel de la nécessité d'une relance du projet européen », en référence au débat en cours sur l'approfondissement de la zone euro, et notamment l'évolution du rôle du Mécanisme européen de stabilité (MES). « Si certains souhaitent aller dans le sens inverse, cela produira des dégâts pour les pays concernés et aussi pour leurs citoyens », a-t-il prévenu.

Quant au secrétaire d'État aux Finances portugais, Ricardo Mourinho Felix, il a estimé sur les antennes de CNBC que la crise catalane représentait un problème « pour la zone euro et l'Union européenne dans son ensemble ». (Mathieu Bion)

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