Les derniers pourparlers prévus avant le sommet européen du 19 octobre entre négociateurs européens et britanniques sur la sortie du Royaume-Uni de l’UE ont débuté, lundi 9 octobre, dans une ambiance encore tendue, les deux parties se livrant toujours publiquement au jeu des petites phrases et se rejetant mutuellement la responsabilité de la lenteur des négociations.
Selon l'AFP, le Premier ministre britannique, Madame Theresa May, comptait indiquer, lors d’un discours plus tard dans l’après-midi, que la « balle » est « dans le camp » des Européens. En réponse, Margaritis Schinas, porte-parole de la Commission, a suivi le mouvement. Même s'il ne s'agit pas d'« un jeu de balle », celle-ci est tout de même plutôt « entièrement dans le camp des Britanniques », a-t-il considéré.
Le porte-parole taclait ici en l’occurrence David Davis, le négociateur en chef britannique, qui ne devait se rendre à Bruxelles que ce mardi 10 octobre, alors qu’il lançait jusqu’à présent chaque cycle de négociation aux côtés de Michel Barnier, le négociateur de l’UE.
Peu de progrès majeurs sont attendus pendant ce round. Le prochain grand rendez-vous est fixé à celui des leaders européens qui, à vingt-sept (configuration article 50), évalueront l’avancement des négociations menant au Brexit le 20 octobre. Les dossiers des droits des citoyens ou la question irlandaise devaient continuer de progresser comme lors des derniers cycles de négociation.
Néanmoins, tant le chef de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, que le négociateur de l’UE ont insisté, la semaine dernière à Strasbourg, qu’il faudrait un « miracle » pour que le Conseil européen puisse estimer que suffisamment de progrès ont été réalisés pour pouvoir passer à la seconde phase des discussions, celle sur la relation commerciale post-Brexit (EUROPE 11875).
Mme May, très chahutée dans son parti, devait cependant encore appeler l’UE à faire preuve de souplesse lors de son discours devant le parlement britannique. Selon le scénario envisagé par plusieurs sources, les Vingt-sept ne devraient pas donner ce feu vert à la seconde phase de pourparlers lors du sommet mais laisser entendre qu’ils le feront en décembre.
Comme gage donné à Mme May, ils pourraient toutefois accepter de parler de la période de transition demandée par le Royaume-Uni avant l’accord sur le divorce (EUROPE 11868). Mais ils ne contourneront pas Michel Barnier et la lecture faite de son mandat sur les progrès suffisants à atteindre sur les trois principes essentiels du divorce, la question du solde budgétaire restant la moins avancée.
Mais en décembre, il « faudra que ça avance », commentait il y a quelques jours un diplomate européen, constatant que la position très scrupuleuse et pointilleuse, voire « bureaucratique » de Michel Barnier, selon elle, ne convainc pas forcément tout le monde.
Ce week-end, le ministre danois des Finances, Kristian Jensen, a d’ailleurs semblé abonder publiquement en ce sens en déclarant à The Guardian que les deux parties devaient être prêtes aux compromis, un principe de base dans toute négociation. Le ministre s’est toutefois repositionné lundi, via son compte Twitter, assurant que l’unité des Vingt-sept sur la question britannique n’était en rien remise en cause par ses propos. (Solenn Paulic)