L’ambassadeur russe auprès de l’UE, Vladimir Chizhov, a plaidé, lundi 9 octobre, pour un nouveau partenariat avec l’UE.
« De toute évidence, nous ne reviendrons pas au modèle précédent de ‘partenariat stratégique’ dans nos relations avec l'UE, modèle qui n'a pas résisté au défi de la crise ukrainienne. (…) Il nous appartient, cependant, d'identifier un nouveau paradigme de coopération plus durable, agissant dans l'esprit de l'égalité et du respect des intérêts de chacun », a-t-il expliqué lors d’un discours prononcé au sommet UE-Eurasie-Chine, organisé par The Economist, à Athènes.
Selon l’ambassadeur, « l'établissement de contacts et l’approche graduelle des projets d'intégration européens et eurasiens dans le cadre d'un ordre mondial polycentrique inclusif pourraient constituer une étape importante dans cette direction ».
M. Chizhov a espéré que « la période de réflexion interne » en cours au sein de l’UE serait utilisée pour « définir définitivement certaines approches nouvelles et réalistes à cet effet ». « Et lorsque cela se produira, nos partenaires sauront où nous trouver », a-t-il ajouté. L’ambassadeur a donc mis la balle dans le camp de l’UE. « Nous ne mettons en aucune façon des conditions préalables à l'amélioration de la relation Russie-UE. Nous sommes prêts à nous doter d'une ‘patience stratégique’ et à attendre que l'UE remarque que, pour toute une série de raisons historiques, économiques, culturelles et civiles, nous - la Russie et l'UE – avons besoin l’une de l’autre », a-t-il expliqué, rappelant que, dans son discours aux ambassadeurs, le 29 août, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, avait rappelé qu’il n’y avait pas de sécurité européenne pour les siècles à venir sans la Russie (EUROPE 11850).
L’ambassadeur, citant son président Vladimir Poutine, a précisé que son pays était ouvert « à la coopération avec tous les acteurs disposés à cela, sur la base de l'égalité, du respect des intérêts communs et du droit international dans sa totalité ». « Nous continuerons à nous efforcer de promouvoir ces principes fondamentaux dans nos relations avec l'UE », a-t-il ajouté.
Selon M. Chizhov, le « pari à court terme » pris en 2014 par l’UE, fondé sur « la confrontation et les sanctions », n’a pas réussi à atteindre ses objectifs, notamment la paix en Ukraine. « La confiance mutuelle a été sérieusement compromise et le tissu des contacts entre les personnes s'est rompu », a estimé l’ambassadeur. Il a ajouté que la situation avait encore été aggravée par « la pratique néfaste de certaines forces à l'intérieur (…) et à l'extérieur de l'UE d'utiliser la mythique 'menace russe' en tant que ‘Père Fouettard’ pour expliquer la montée du sentiment eurosceptique et détourner l'attention des tensions domestiques et des controverses ». L’ambassadeur a aussi critiqué les « efforts persistants de l'OTAN pour renforcer sa présence militaire et ses infrastructures dans les régions limitrophes de la Russie », efforts qu’il a qualifiés de « préoccupants ». Il a cité le déploiement de systèmes antimissiles américains, mais l’Alliance a également mis en place des groupements tactiques pour protéger les pays baltes et la Pologne.
L’UE a pris des sanctions individuelles et économiques à l’encontre de la Russie en raison de l’annexion de la Crimée et le conflit dans l’est de l’Ukraine. (Camille-Cerise Gessant)