C’est au nom d’une « Union de l'égalité », que le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a réitéré, mercredi 13 septembre, dans son discours sur l'état de l'Union, qu’il entendait bien faire droit à l'exigence légitime des pays du groupe de Visegrád de voir cesser la pratique du double standard dans la qualité des denrées alimentaires dans l'UE (EUROPE 11838).
« Dans une Union où tous sont égaux, il ne peut y avoir de consommateurs de deuxième classe. Je n'accepterai pas que, dans certaines régions d'Europe, les gens se voient proposer des produits alimentaires de moindre qualité que dans d'autres, sous des marques ou emballages pourtant identiques », a-t-il déclaré, dans la partie de son discours dédiée à l’avenir de l’UE à vingt-sept et à ses valeurs. L'Europe de l'égalité suppose en effet l'égalité entre ses membres, grands ou petits, de l'Est comme de l'Ouest, a-t-il rappelé.
C'est la raison pour laquelle « les Slovaques ne méritent pas d'avoir moins de poisson dans leurs poissons panés, les Hongrois moins de viande dans leurs repas ou les Tchèques moins de cacao dans leur chocolat. La réglementation de l'UE interdit déjà ce genre de pratiques ».
Au-delà des lignes directrices de la Commission, attendues prochainement pour clarifier l'interprétation du droit européen pour sa bonne application, M. Juncker a estimé qu'« il nous reste à renforcer les moyens dont disposent les autorités nationales pour réprimer toute pratique illégale partout où elle est constatée ».
Prenant M. Juncker au mot, le coprésident du groupe des Verts au Parlement, le Belge Philippe Lamberts, a lancé : « Vous ne voulez pas de citoyens de seconde zone. Que la Commission joigne le geste à la parole ! » Et de faire observer que, dans l'UE, les citoyens ingèrent ou sont exposés à des substances nocives « qu'on ne veut pas interdire », ou décèdent « dans des tours qui brûlent, comme au Royaume-Uni, parce qu'on ne veut pas faire de normes européennes pour les matériaux ignifuges ». (Aminata Niang)