Le Parlement européen a demandé, mercredi 13 septembre, que des mesures fermes soient prises par le Parlement pour prévenir l’émergence de corruption du type de celle qu’aurait pratiqué l’Azerbaïdjan sur des décideurs et journalistes européens (affaire Laundromat) « de nature à saper la crédibilité et la légitimité de l’action du Parlement, notamment dans le domaine des droits de l’homme ».
Par le biais d'un amendement au rapport fleuve de Petras Auštrevičius (ADLE, lituanien) sur 'La corruption et les droits de l’homme dans les pays tiers', rapport qu’ils ont adopté par 578 voix pour, 19 contre et 68 abstentions, les députés ont fortement dénoncé les « tentatives de l’Azerbaïdjan, et d’autres pays tiers autocratiques, d'influencer les décideurs européens par des moyens illégaux » et demandé une enquête approfondie sur les allégations de corruption dans le cadre de cette affaire et, plus généralement, sur l’influence exercée par ces régimes.
Dans son rapport, le Parlement appelle l'UE à développer « une stratégie extérieure anticorruption de l’Union (...) essentielle pour lutter efficacement contre la corruption et la criminalité financière ». Pour les députés, l'UE devrait intégrer une clause anticorruption dans les accords conclus avec des pays tiers.
Les instruments financiers extérieurs de l’Union devraient reposer sur des normes anticorruption et sur la conditionnalité, basée, entre autres, sur les résultats et la réalisation d’objectifs clairs, ajoutent les députés.
Le Parlement a aussi décidé de préparer un rapport régulier de mise à jour sur la corruption et les droits de l’homme à chaque législature. (Camille-Cerise Gessant)