Les gouvernements allemand, français et italien ont apprécié la proposition de règlement mise sur la table par la Commission, mercredi 13 septembre, pour contrôler les investissements étrangers dans les secteurs stratégiques de l'UE, saluant une « étape majeure pour assurer une concurrence loyale et équitable en Europe et une meilleure protection lors d’opérations d’acquisition » dans l'UE par des pays tiers.
« Nous sommes très intéressés par les investissements étrangers lorsqu’ils se déroulent dans des conditions de marché traditionnelles, mais nous devons éviter que d’autres États profitent de notre ouverture pour faire avancer leurs propres intérêts de politique industrielle », a commenté la ministre allemande pour les Affaires économiques, Brigitte Zypries. « Cette proposition permettra d’assurer une concurrence équitable dans l'UE et offrira une meilleure protection contre les acquisitions d’entreprises qui ne respectent pas les règles de marché. À l’avenir, les pays de l'UE pourront intervenir en cas d’investissement direct dans des entreprises européennes par des entreprises contrôlées par d’autres États », a-t-elle ajouté.
« Les investissements étrangers sont essentiels pour notre croissance économique. Mais l'UE doit être capable de se dresser pour protéger ses intérêts, en particulier lorsque la concurrence n’est pas loyale et lorsqu’il s’agit d’intérêts nationaux stratégiques », a renchéri le ministre français de l'Économie, Bruno Le Maire. « Cette proposition est un premier pas essentiel pour assurer une concurrence loyale au niveau mondial. Elle devra être complétée par davantage de réciprocité dans les marchés publics et, plus largement, dans nos relations économiques et commerciales en général », a-t-il ajouté.
« Nous voulons consolider notre position de première destination pour les investissements directs étrangers, mais, en même temps, nous réalisons que de plus en plus d’actifs stratégiques européens pourraient être convoités par des pays tiers en recourant à des moyens inéquitables, notamment en termes de ressources financières. Nous devons assurer un niveau de concurrence équitable et loyale pour notre industrie, afin qu’elle puisse être compétitive au niveau mondial », a ajouté le ministre italien du Développement économique, Carlo Calenda, appelant l'UE à « se mettre d'accord rapidement » sur ce nouveau cadre.
L’Allemagne, la France et l’Italie avaient lancé le débat au niveau européen en février pour établir une base juridique au niveau du droit européen donnant aux pays membres de l'UE la possibilité d’intervenir dans des cas particuliers d’investissements étrangers dans des actifs stratégiques, en particulier lorsque ces investissements émanent d’entreprises contrôlées ou financées par des États (EUROPE 11726, 11844).
« Si une entreprise étrangère, détenue par l'État, souhaite acheter un port européen, une partie de notre infrastructure énergétique ou une entreprise de technologie de défense, cela ne devrait se faire que dans la transparence, avec examen et débat. C'est une responsabilité politique que de savoir ce qui se passe dans notre propre cour afin que nous puissions protéger notre sécurité collective si nécessaire », a commenté le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, dans son discours sur l'état de l'Union mercredi sur cette proposition très attendue. (Emmanuel Hagry)