Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a plaidé pour la mise en place d’un ministre européen de l’Économie et des Finances, rejetant néanmoins l’idée d’un Parlement de la zone euro, lors de son discours sur l’état de l’Union, prononcé mercredi 13 septembre devant le Parlement européen.
M. Juncker a introduit son propos sur l’avenir de la zone euro en soulignant que la monnaie unique ne devrait pas être la devise de certains pays, « mais de toute l’Union européenne », tous les pays ayant « le droit et le devoir » d’adopter l’euro, à l’exception du Danemark et du Royaume-Uni, exprimant ainsi un souhait d’une Europe unie. Si huit États membres de l’UE, outre le Royaume-Uni qui n’a pas vocation à rester membre de l’Union, ne font aujourd’hui pas partie de la zone euro, le président de la Commission européenne propose de créer un instrument de préadhésion à l’euro, qui permettrait de soutenir les pays au niveau technique, voire financier.
Il a ensuite repris deux idées régulièrement évoquées par les responsables politiques européens depuis plusieurs mois. M. Juncker a effectivement appelé à la création d’un fonds monétaire européen « solidement ancré dans le corps des règles de l’Union européenne », qui remplacerait ainsi l'actuel mécanisme européen de stabilité (MES). Il a ensuite plaidé pour l'instauration d’un poste de ministre européen de l’Économie et des Finances, responsable devant le Parlement européen, qui remplacerait le poste de commissaire aux Affaires économiques et monétaires, actuellement pourvu par Pierre Moscovici. Pour M. Juncker, ce ministre assumerait également le rôle de président de l’Eurogroupe, un poste occupé aujourd’hui par Jeroen Dijsselbloem. Ces propositions ne sont pas sans rappeler celles que M. Moscovici avait envisagées lors du Forum Villa d'Este (EUROPE 11854), qui s’est tenu du 1er au 3 septembre à Cernobbio (Italie).
Le Président de la Commission européenne s’est enfin montré plus réservé sur deux points. Bien qu’il souhaite une « ligne budgétaire forte » pour la zone euro dans le cadre du budget de l’Union, il s’oppose à la mise en place d’un budget propre à celle-ci. Il n’est pas non plus convaincu par la mise en place d’un Parlement de la zone euro, contrairement à la vision que défend le président de la République française, Emmanuel Macron (EUROPE 11858). Cette intervention devrait satisfaire les pays d’Europe orientale qui craignent effectivement une Europe à deux vitesses. « Le Parlement de l’eurozone, c’est ce Parlement européen », a-t-il conclu. (Lucas Tripoteau)