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Bulletin Quotidien Europe N° 11861
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ÉTAT DE l'UNION / Affaires ÉtrangÈres

M. Juncker veut mettre fin à l’unanimité dans le domaine des affaires étrangères

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a plaidé, mercredi 13 septembre dans son discours sur l’état de l’Union, pour la suppression de l’unanimité sur les questions de politique étrangère, afin d’agir plus vite.

« Je voudrais que les États membres examinent quelles sont les décisions de politique extérieure qui pourraient être adoptées non plus à l'unanimité, mais à la majorité qualifiée », a expliqué M. Juncker devant les députés européens.

Selon lui, la 'clause passerelle' contenue dans le traité (article 31.3) le permet si le Conseil européen le décide à l'unanimité. Et en y recourant, l’Union aurait plus de poids sur la scène internationale car elle serait « capable de prendre plus rapidement des décisions de politique étrangère ».

Actuellement, toutes les décisions en matière de politique étrangère, telles que l’adoption – ou la levée – de sanctions, ou le lancement de missions et d’opérations relevant de la politique de sécurité et de défense commune, nécessitent l'unanimité.

En dehors de cette annonce, les affaires étrangères ont été le parent pauvre du discours de M. Juncker. Ce dernier n’est revenu sur aucune action de l’UE dans le monde, excepté sur les questions migratoires dans son voisinage.

Dans le domaine de la défense, « des efforts supplémentaires sont nécessaires », a considéré le président de la Commission, estimant que, d’ici 2025, « nous devrions disposer d'une Union européenne de la défense opérationnelle ». « Nous en avons besoin. Et l'OTAN y est favorable », a-t-il relevé, en référence aux commentaires de ceux qui estiment ces deux éléments incompatibles.

Dans sa lettre d’intention, envoyée le jour même au Parlement et au Conseil, M. Juncker a souhaité une « adoption rapide, par les colégislateurs, du programme de développement industriel européen de défense et le suivi du plan d'action européen de défense, notamment en mettant l'accent sur la mise en œuvre du Fonds européen de défense, y compris la boîte à outils financière », d’ici la fin 2018, dans la lignée des orientations arrêtées par le Conseil européen en juin (EUROPE 11814).

À Ankara : « Libérez nos journalistes ! »

Le président de la Commission a aussi évoqué la Turquie. Rappelant que pour adhérer à l’UE, il fallait accorder la « priorité absolue » au respect de l'État de droit, de la justice et des droits fondamentaux, M. Juncker a clairement précisé que « cela excluait une adhésion de la Turquie à l'UE dans un avenir proche ».

« Depuis un certain temps, la Turquie s'éloigne à pas de géant de l'UE. La place des journalistes est dans les rédactions, là où règne la liberté d'expression. Leur place n'est pas dans les prisons. (…) Libérez les journalistes, et pas seulement nos journalistes ! », a-t-il lancé à destination d’Ankara.

M. Juncker a aussi demandé aux dirigeants turcs d’arrêter d'« insulter nos États membres et nos chefs d'État et de gouvernement en les traitant de fascistes ou de nazis ». « L'Europe est un continent composé de démocraties mûres. Celui qui offense, se ferme la route vers notre Union », a-t-il prévenu. Il a dévoilé son sentiment que la Turquie cherchait à fermer sa voie vers l’Union pour rendre ensuite l'UE responsable d'un échec des négociations d'adhésion (EUROPE 11850).

À l’inverse, le président de la Commission a souhaité que l’UE offre des perspectives d'élargissement crédibles aux Balkans occidentaux, afin de créer « plus de stabilité dans notre voisinage ». Il a cependant une nouvelle fois rappelé qu’il n’y aurait pas de nouvelles adhésions sous son mandat « parce que les critères d'adhésion ne peuvent pas encore être remplis ». « Mais dans les années qui viennent l'Union européenne comptera plus de 27 membres », a-t-il estimé.

De leur côté, les représentants des groupes politiques ont, eux aussi, peu réagi sur le sujet de la politique étrangère. Le président du groupe PPE au PE, l'Allemand Manfred Weber, a appelé l’UE à avoir une position claire envers la Turquie, comme l’a fait le Parlement européen en votant en faveur d’une suspension des négociations d’adhésion (EUROPE 11824). « Je me demande pourquoi le Conseil européen et la Commission européenne réagissent aussi peu. Un signal clair à la Turquie serait nécessaire », a-t-il estimé. (Camille-Cerise Gessant)

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