L’Union européenne a appelé, lundi 11 septembre, le prix Nobel de la paix et actuelle ministre des Affaires étrangères birmane, Aung San Suu Kyi, à s’investir davantage pour un apaisement des tensions en Birmanie.
Interrogée sur le ralliement de l’UE à l’appel de plusieurs prix Nobel, dont le Dalaï-Lama, Malala ou Desmond Tutu, envers Aung San Suu Kyi pour qu’elle agisse en faveur de Rohingyas, la porte-parole du Service européen pour l’action extérieure, Maja Kocijancic, n'a pas directement répondu. « Nous avons appelé les autorités birmanes » à un apaisement des tensions « et cela inclut très clairement Aung San Suu Kyi », a uniquement déclaré la porte-parole.
Elle a rappelé que la Haute Représentante avait publié une déclaration le 6 septembre, appelant au calme, au respect des droits de l’homme, à la mise en œuvre des recommandations de la Commission consultative sur l'État de Rakhine et à un accès humanitaire sans restriction (EUROPE 11779).
Interrogée sur de possibles sanctions, Mme Kocijancic a précisé qu’« à l’heure actuelle » les efforts portent sur ces éléments. Elle a rappelé que l’UE était en contact avec les autorités birmanes.
Selon la porte-parole, l’Union européenne avait déjà discuté avec Aung San Suu Kyi des positions européennes concernant les droits de l’homme. Cette dernière a dénoncé, la semaine dernière, « l'iceberg de désinformation » qui donne, selon elle, une vision trompeuse de la crise des Rohingyas. Aung San Suu Kyi rejette les accusations de nettoyage ethnique envers les Rohingyas, alors que le 11 septembre, l’ONU a qualifié la situation d’« exemple classique de nettoyage ethnique ». Selon le Haut-Commissariat aux réfugiés, 313 000 Rohingyas ont fui au Bangladesh depuis le 25 août.
Par ailleurs, les députés européens discuteront en session plénière de la situation en Birmanie jeudi 14 septembre et devraient adopter, le jour même, une résolution sur le sujet. (Camille-Cerise Gessant)