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Bulletin Quotidien Europe N° 11859
POLITIQUES SECTORIELLES / Agriculture

Le think tank Momagri s’étonne de la position attentiste du PPE sur la PAC

Le groupe de réflexion Momagri s’étonne, dans un communiqué publié lundi 11 septembre, de la position attentiste du parti PPE sur la réforme de la politique agricole commune (PAC).

En raison des interrogations que soulève la sortie du Royaume-Uni de l’UE et des débats budgétaires attendus, le Parti populaire européen (chrétien-démocrate) a proposé de reporter à 2025 l’entrée en vigueur de la réforme de la PAC (EUROPE 11858). Le groupe de réflexion Momagri a préconisé notamment, dans ce débat, de remplacer une partie des paiements directs par un dispositif flexible de gestion de risques qui assure aux agriculteurs un chiffre d’affaires minimum dans les périodes d’effondrement des prix (EUROPE 11716, 11637).

« Cette volonté de statu quo interroge d’autant que les situations de crise que connait un grand nombre d’agriculteurs montrent à l’évidence que le cadre actuel de la PAC n’est pas adapté », estime Momagri.

En guise d’exemple, cette organisation précise que les producteurs européens s’apprêtent à percevoir 130 euros par tonne pour le blé qu’ils viennent de moissonner (plus 30 euros d’aides découplées), alors que les exploitants chinois et indiens recevront respectivement 360 et 320 dollars par tonne. Aux États-Unis, grâce aux aides contracycliques, c’est 202 dollars par tonne qui sont garantis. La Russie renforce ses interventions sur les marchés céréaliers avec l’annonce d’un prix d’achat public à 181 dollars pour le blé meunier. « L’Union européenne est à contre-courant », lance encore Momagri. Ce dernier préconise une politique qui assure aux agriculteurs une meilleure stabilité des revenus et estime que « le cycle de Doha est en mort clinique ». Et Momagri de conclure que le PPE, par sa position, « alimente encore un peu plus le sentiment de désenchantement à l’égard du projet européen ».

Le PPE formule tout de même des idées sur l’avenir de cette politique, comme la création d’un fonds de crise qui renforcerait le pouvoir de négociation des organisations de producteurs au sein de la chaîne alimentaire. (Lionel Changeur)

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