L’agence Frontex a déjà effectué en 2017 davantage d’opérations de retours de personnes en situation irrégulière dans l’UE que sur toute l’année 2016, mais les taux d’application des décisions de retours de l'UE restent toujours très faibles, autour de 40%. C’est l’un des enseignements livrés, lundi 11 septembre, par Fabrice Leggeri, directeur exécutif de l’agence Frontex, devenue depuis 2016 l’Agence européenne de gardes-côtes et gardes-frontières.
Faisant le point sur les activités de l’agence devant la presse, le Français a ainsi expliqué que Frontex avait mis en œuvre en 2017 deux fois plus de vols qu’en 2016 (232 vols) et qu’environ 10 000 personnes avaient été renvoyées vers leurs pays d’origine. Dans toute l’Union européenne, 170 000 décisions de retours avaient effectivement été assurées en 2016 dont 12 000 avec le support de Frontex.
En trois ans, le nombre de personnes en situation irrégulière renvoyées vers leur pays a été multiplié par 5 a par ailleurs indiqué le patron de Frontex et le nombre de vols multipliés par 10. Le chef de Frontex a toutefois précisé que la question des retours restait toujours aussi complexe, entre les possibilités d’appel et les difficultés légales et la nécessité aussi d’obtenir des documents de voyage pour les personnes concernées.
Sur le front des flux migratoires, le directeur exécutif a confirmé que les arrivées étaient en baisse sur la route de la Méditerranée centrale, à savoir des arrivées en Italie via la Libye avec un nombre d’arrivées en août divisé par deux par rapport à juillet. Moins de 100 000 personnes sont arrivées en Italie depuis début 2017, ce qui représente une baisse d’environ 13% par rapport aux chiffres de l’année précédente. « On peut dire que la situation est stable et sous contrôle », a ajouté Fabrice Leggeri.
Sur la route de la Méditerranée orientale, des pics ont été enregistrés à la fin août, mais la situation est revenue à la normale en septembre. Seules les arrivées en Espagne via le Maroc sont en hausse, avec des chiffres 2,5 fois plus élevés qu’en 2016. Depuis le début de l’année, 14 000 personnes, essentiellement de nationalité marocaine, sont arrivées, a dit le patron de Frontex.
Le bilan des « stress tests » connu avant 2017
Le directeur exécutif de l’agence a indiqué lundi matin qu’il présenterait « avant la fin de l’année » le bilan des tests de résistance des frontières extérieures des États membres que le nouveau mandat de l’agence a rendu possible. Ces évaluations, menées en plusieurs endroits des frontières extérieures de l’UE, doivent permettre d’identifier les potentiels points faibles. (Solenn Paulic)