Le commissaire européen chargé des Migrations, Dimitris Avramopoulos, a réagi à son tour, mercredi 8 mars, à propos de la situation en Hongrie et de la décision du gouvernement de revenir à la détention systématique des demandeurs d’asile. Le sujet a été abordé lors de la réunion du Collège des commissaires européens, mercredi matin, et il a été décidé que M. Avramopoulos se rendra prochainement à Budapest pour une discussion sérieuse avec les autorités du pays, a indiqué la Commission.
La Hongrie avait supprimé cette pratique en 2013. Elle assure aujourd’hui que ce n’est pas une loi de rétention dont il s'agit, mais une loi qui va garantir que toutes les procédures d’asile sont traitées à la frontière, dans des zones de transit, et que des infrastructures de logement sont prévues pour accueillir les demandeurs d'asile.
La loi a été adoptée le 7 mars et s’appliquera aux nouveaux venus, mais aussi aux demandeurs d’asile déjà hébergés dans le pays. La loi prévoit que les migrants seront placés dans des « zones de transit » aux frontières serbe et croate, où ils seront détenus dans l’attente de la décision définitive sur leur dossier. Autrement, ils peuvent décider de rentrer dans leur pays d’origine.
Les socialistes et démocrates au PE ont dénoncé une loi « aussi inhumaine que honteuse » par la voix de leur président, Gianni Pittella.
Le Conseil de l'Europe a aussi dénoncé cette loi et exprimé sa profonde préoccupation. Mme Tineke Strik, rapporteur de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe pour le suivi des Droits de l'homme des réfugiés et des migrants, a souligné que la « Cour européenne des Droits de l’homme a rappelé à plusieurs reprises à la Hongrie ces dernières années que l’article 5 de la Convention européenne des Droits de l’homme garantit le droit à la protection des réfugiés et des migrants contre toute ingérence arbitraire dans leur droit à la liberté. L’article 5 comporte une liste exhaustive des motifs pour lesquels une personne peut être privée de sa liberté par une décision régulière et proportionnée à chaque situation. La rétention automatique des demandeurs d’asile constitue clairement une violation de la Convention européenne des Droits de l’homme », a déclaré Mme Strik. (Solenn Paulic)