La Commission européenne a, une nouvelle fois, rappelé les États membres à leurs obligations en matière de relocalisation, alors que le système de relocalisation d’urgence de migrants bénéficiant d'une protection dans l'Union européenne, instauré à l'automne 2015, se terminera en théorie en septembre prochain.
Son nouveau rapport d’étape, publié jeudi 2 mars, souligne que la Grèce reste soumise à une intense pression migratoire avec 62 300 migrants présents sur son territoire. Les derniers chiffres de la relocalisation ne sont pas glorieux : sur les 106 000 personnes à relocaliser sur deux ans, seules 13 546 l’ont été depuis la Grèce (9610) et l’Italie (3936).
La Commission est consciente que le rythme actuel ne permettra pas de respecter les engagements pris d'ici à septembre, alors que cet objectif est parfaitement réalisable, écrit-elle. « Jusqu'à présent, seuls deux États membres (Malte et la Finlande) sont en bonne voie pour satisfaire à leurs obligations en ce qui concerne tant l'Italie que la Grèce, alors que certains pays (la Hongrie, l'Autriche et la Pologne) refusent toujours de participer au programme et que d'autres (la République tchèque, la Bulgarie, la Croatie et la Slovaquie) n'y prennent part que dans une mesure très limitée », indique en effet le rapport.
Interrogé sur les actions possibles, le commissaire européen à la Migration, Dimitris Avramopoulos, a expliqué que les procédures d’infraction n’avaient pas été une option à ce stade. « Mais elles pourraient le devenir » notamment à la fin du processus, a-t-il considéré. Et d'ajouter : si les États membres n'intensifient pas les relocalisations prochainement, la Commission « n'hésitera pas à faire usage des pouvoirs que lui confèrent les traités ».
L'institution européenne a aussi rappelé que l'obligation juridique de relocaliser les migrants éligibles ne cessera pas au-delà de septembre.
Réinstallations. En ce qui concerne les réinstallations de réfugiés vers l’UE depuis les pays tiers, la situation est un peu meilleure. Les États membres ont offert des voies d'entrée sûre et légale à 14 422 personnes à ce jour. Ce chiffre correspond à plus de la moitié des 22 504 réinstallations convenues dans le cadre du programme de réinstallation de l'UE. Ce nombre comprend la réinstallation de 3 565 Syriens en application de l'accord UE-Turquie sur la gestion de la crise migratoire de mars 2016 (EUROPE 11515). (Solenn Paulic)