Le Parlement européen a approuvé par 579 voix pour, 15 voix contre et 20 abstentions, jeudi 2 mars à Bruxelles, une série de recommandations préparée par la Britannique Emma McClarkin (CRE) afin de mieux utiliser les outils commerciaux de l’UE dans la lutte contre le trafic d’espèces sauvages. Il prône l'interdiction totale du commerce de l’ivoire dans et hors de l'UE.
Le commerce illégal de la faune et de la flore entraîne une crise écologique mondiale et l’UE et les États-Unis restent des marchés et des voies de transit clés, argumentent les députés, appelant l'UE à mieux utiliser son propre cadre juridique pour protéger la biodiversité.
Le PE recommande d’accroître l’aide fournie aux autorités douanières des pays tiers en matière de renforcement des capacités, de formation et d’information et de prévoir des ressources suffisantes pour la lutte contre de telles activités illicites dans l’UE.
Il préconise d'impliquer le secteur privé dans la lutte contre le trafic d’espèces sauvages, notamment via l’engagement des marchés en ligne, des services de livraison express et des médias sociaux, et de pallier les vulnérabilités en matière de transport et de procédures douanières.
Le PE prône la promotion de normes contraignantes en matière de responsabilité sociale des entreprises par le biais de la politique commerciale de l'UE et l'inclusion de dispositions anticorruption dans tous les futurs accords de libre-échange négociés par l'UE.
Il recommande d’utiliser comme modèle pour d'autres accords commerciaux l’accord de libre-échange UE/Vietnam et son chapitre détaillé sur le développement durable et une démarche ambitieuse sur la protection des espèces sauvages.
Le PE recommande aussi d'analyser les possibilités de soutien mutuel entre les régimes juridiques en matière de commerce et d'environnement, par exemple entre l'OMC et la convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages.
« Le commerce illégal d’espèces sauvages est un crime qui a des racines complexes et de larges ramifications menaçant nos écosystèmes et la bonne gouvernance. Nous devons faire tout pour le combattre et veiller à ce que les futures générations ne soient pas privées de la beauté et de la diversité de notre environnement », a commenté Mme McClarkin, prônant une approche globale qui s’attaque à l’offre et à la demande sur les marchés nationaux et dans d’autres pays de destination.
Le trafic d’espèces sauvages est la deuxième menace pour la faune et la flore au niveau mondial, après la destruction des habitats, et la quatrième activité criminelle la plus lucrative, avec un chiffre d’affaires annuel estimé à 20 milliards d’euros, qui contribue aussi à alimenter les conflits et financer les réseaux terroristes. La criminalité en ligne liée aux espèces sauvages fait peser une menace croissante sur les éléphants, les rhinocéros, les amphibiens, les reptiles et les oiseaux, souligne le PE qui, à la demande de la Commission, mène une réflexion sur un plan d’action de l'UE contre le trafic d’espèces sauvages et sur sa nouvelle stratégie commerciale globale. (Emmanuel Hagry)