Plein succès pour la conférence internationale de levée de fonds 'She decides', qui s’est achevée, jeudi 2 mars à Bruxelles, sur la promesse de plus de 180 millions d’euros de financement pour la santé sexuelle et reproductive des femmes et des jeunes filles, en réponse à la décision du président américain, Donald Trump, de couper les vivres aux ONG internationales engagées dans le planning familial.
Outre ce montant encourageant pour combler un déficit de financement estimé à 600 millions de dollars, c’est le droit des femmes d’accéder à la contraception et à l’avortement, et celui des femmes et de leurs nouveau-nés d’accéder aux soins obstétricaux et néonatals d’urgence, qui ont été confortés lors de cette conférence organisée à l’initiative des Pays-Bas (avec le soutien de nombreux pays, dont le Danemark, la Suède, la Belgique) et présidée par Alexander De Croo, vice-Premier ministre et ministre belge de la Coopération au développement (EUROPE 11733).
« Nous avons le pouvoir de débuter un partenariat avec ceux qui croient que l’accès à la santé sexuelle et reproductive est le fondement de l’égalité des genres », avait-il déclaré à l'ouverture de cet événement, en annonçant une contribution additionnelle de 10 millions d’euros de la Belgique.
La ministre néerlandaise du Commerce international et de la Coopération au développement, Lilianne Ploumen, a annoncé qu’un grand sommet sur le planning familial serait accueilli à Londres cet été.
Devant les représentants de plus de 50 pays – ministres, fondations, ONG - le commissaire européen à la Coopération internationale et au Développement, Neven Mimica, a rappelé l’importance de ces droits, reconnus dans le programme universel de développement durable pour l'horizon 2030 et dont le respect est crucial, puisqu’il permet de sauver des vies et de lutter contre les discriminations fondées sur le sexe.
« L’égalité des genres est une priorité à l’échelle mondiale. Quelque 225 millions de femmes dans le monde ont besoin de moyens contraceptifs modernes. Plus de 300 000 femmes meurent chaque année de leur grossesse ou de conditions liées à l’accouchement et 99% d’entre elles sont dans les pays en développement ». Et quand il s’agit d’accès aux services de santé et de planning familial « pour prévenir la vulnérabilité (…) ce n n’est pas juste une priorité, c’est un droit », a-t-il précisé.
« Avec nos partenaires dans le monde nous continuerons à défendre haut et fort cette cause, pour autonomiser les femmes, protéger leurs droits et, au final, la santé et la sécurité de leurs familles », a-t-il assuré, en rappelant que l'UE finance des programmes de soutien à la santé et à l'égalité des genres dans le monde entier.
La participation de décideurs politiques a été saluée par les ONG. Renate Bähr, directrice de la Deutsche Stiftung Weltbevölkerung (DSW) y voit « un signal clair et sans équivoque de l’importance de protéger la vie des filles et des jeunes femmes dans le monde entier ». Aussi a-t-elle appelé l’Allemagne à rejoindre l’initiative. (Aminata Niang)