Les organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca) ont souligné, vendredi 10 février, que le verdissement des aides directes sera un dossier sensible lors de la prochaine réforme de la politique agricole commune (PAC) (EUROPE 11714).
Le président du Copa, Martin Merrild, a indiqué vendredi à la presse que le verdissement des aides (qui vise à rémunérer des actions spécifiques en faveur de l’environnement) n’avait pas fonctionné de manière satisfaisante et qu’il fallait donner plus de responsabilités aux paysans, car le système est trop bureaucratique. Henri Brichart, vice-président du Copa, a déclaré que la question importante était de savoir comment appréhender le verdissement. « Actuellement, on voit une couche de réglementations qui s’empilent », a-t-il déploré.
Pour le reste, le Copa-Cogeca défend le maintien, à l’avenir, d’un budget fort pour la PAC et du système actuel des paiements directs. Il demande aussi davantage d’outils pour gérer les risques et les crises sur les marchés. Le Copa et la Cogeca ont salué les propos tenus le 9 février par le commissaire européen à l'Agriculture, Phil Hogan, en faveur d’un budget approprié pour la future PAC.
'Brexit'. M. Merrild a admis que la sortie du Royaume-Uni de l’UE aurait un impact important sur la situation du budget de l’UE et sur le financement de la PAC. Si le Royaume-Uni venait à sortir complètement du marché unique, il faudrait négocier avec lui de nouveaux accords commerciaux, « ce qui est compliqué et cela prend du temps », a-t-il rappelé. Il estime toutefois que les citoyens britanniques auront encore besoin de nourriture dans leur assiette et donc de faire du commerce avec les pays de l'UE restants. « Même si le Royaume-Uni sera plus ouvert aux produits du marché mondial, je pense que les agriculteurs de l'UE resteront compétitifs sur le marché britannique », a pronostiqué M. Merrild. D'où le besoin, à son avis, d'une PAC « progressive ». (Lionel Changeur)