Le ministre allemand de l’Intérieur, Thomas de Maizière, a demandé, jeudi 26 janvier à Malte, la prolongation - au-delà du mois de mai - des contrôles aux frontières intérieures menés au niveau de la frontière avec l’Autriche.
La veille, la Commission européenne avait autorisé la prolongation jusqu’à cette date des contrôles internes opérés actuellement par cinq pays européens dont quatre États membres (Allemagne, Autriche, Suède, Danemark et Norvège).
Lors de la réunion informelle des ministres européens de l’Intérieur, M. de Maizière a expliqué qu’il voulait prolonger les contrôles plus longtemps et se servir pour cela d’une autre base légale prévue dans le Code frontières 'Schengen', à savoir la base légale qu’utilise la France et qui lui permet également de procéder à des contrôles à ses frontières intérieures en raison de la menace terroriste.
À ce stade, Berlin et les quatre capitales concernées par la décision de la Commission justifient les mesures prises par les flux migratoires et les manquements graves aux frontières extérieures de l'UE. Mais l’Allemagne, touchée en décembre à Berlin par un attentat terroriste, souhaite faire valoir d’autres motifs. L’édition en ligne du journal Die Welt signalait, jeudi matin, que M. de Maizière avait demandé la prolongation des contrôles jusqu’à fin 2017 mais cette information n’a pas été confirmée par les porte-parole allemands à Bruxelles.
La Commission a rappelé, mercredi, que ce changement de justification envisagée par l'Allemagne était possible. Par exemple, la France a notifié la réintroduction et le maintien ultérieur de contrôles à ses frontières intérieures fondés sur des motifs liés à des menaces terroristes.
L'institution européenne a aussi fait savoir que, si le cadre juridique actuel a suffi à remédier aux difficultés qui se sont présentées jusqu'à présent, elle examine toutefois aujourd'hui s'il est suffisamment adapté pour faire face aux phénomènes évolutifs qui menacent la sécurité. La Commission se tient donc prête à réviser le Code frontières 'Schengen' pour l'adapter aux menaces liées au terrorisme et pourrait mettre sur la table le sujet en vue du sommet informel de Malte du 3 février, a envisagé une source de la Commission jeudi midi. (Solenn Paulic)