En visite à Bruxelles jeudi 26 janvier, le Premier ministre monténégrin, Dusko Markovic, a confirmé l’ambition de son pays de devenir membre de l’UE.
« Le gouvernement va se concentrer sur le processus » de réformes, en lien avec l’adhésion, a expliqué M. Markovic devant la presse à l’issue d’une rencontre avec le Président du Conseil européen, Donald Tusk, précisant que deux nouveaux ministères avaient pour objectif de se concentrer sur les négociations et leurs succès. Il a expliqué que son pays était engagé à remplir les conditions économiques et politiques pour adhérer à l'UE, et qu’il travaillait au renforcement de l’administration publique. Plus tôt dans la journée, à l’issue d’une rencontre avec le président du Parlement européen, Antonio Tajani, M. Markovic avait espéré que son pays puisse ouvrir de nouveaux chapitres de négociations sous présidence maltaise. Il avait ajouté que son pays serait bientôt prêt à fermer le chapitre 30 sur les relations extérieures. Podgorica a ouvert 26 chapitres sur les 35 dont deux ont été provisoirement clos.
Le président du Conseil européen Donald Tusk a apporté son plein soutien à l’ambition euro-atlantique du Monténégro, ajoutant que « de facto, il était un État membre », car le pays a totalement aligné sa politique étrangère sur celle de l’UE, notamment concernant la politique des sanctions ou encore en participant à des missions PSDC. Le président du Conseil européen a aussi estimé qu’il n’y avait pas d’alternative pour les Balkans occidentaux que la perspective européenne.
Plus généralement, M. Tusk a encouragé le gouvernement monténégrin à redoubler d’efforts concernant les réformes sur l’État de droit, la lutte contre la corruption et le crime organisé, précisant que cela constituerait les critères sur lesquels les États membres et le peuple monténégrin jugeraient le succès du gouvernement.
M. Tusk a aussi souhaité que le Premier ministre monténégrin travaille sur un dialogue étroit avec l’opposition, qui boycotte le Parlement, et clarifie les questions restantes sur la tentative de coup d’État, planifié pour le jour des élections, le 18 octobre dernier. Selon lui, cela aiderait à restaurer la confiance, et à promouvoir le dialogue. M. Markovic a assuré à M. Tusk la volonté de son gouvernement de créer les conditions pour un tel dialogue avec l’opposition. (Camille-Cerise Gessant)