Le nouveau candidat du groupe PPE à la présidence du Parlement européen, l’Italien Antonio Tajani, a amorcé les négociations dès mardi soir avec les autres groupes politiques afin d’assurer son élection, en janvier prochain, au perchoir du Parlement européen, a-t-il annoncé lors de la conférence de presse au lendemain de son élection, mercredi 14 décembre.
Pour M. Tajani, son élection en tant que candidat est le fruit d’un consensus au sein des députés membres du groupe. Il a ainsi rappelé que sa légitimité était double pour prétendre au plus haut poste du PE : son ancienneté au sein du Parlement européen, M. Tajani ayant été pour la première fois députés en 1994, et le consensus autour de son élection en tant que vice-président du Parlement européen, puisqu'il a été le vice-président élu avec la plus confortable majorité. Ce dernier point est d’importance, selon lui, puisqu’il prouve sa popularité transpartisane. L’objectif de M. Tajani est en effet de trouver le socle de soutien le plus large possible parmi les pro-Européens. « Je veux être le Président du consensus et non celui du bazar », a-t-il ainsi lancé en conférence de presse. Une pique à peine voilée au camp des sociaux-démocrates.
Car son approche semble contrariée par la posture politique nouvellement adoptée par le président de groupe S&D, l’Italien Gianni Pittella, qui veut, au contraire, mettre fin à la grande coalition (EUROPE 11688). Un positionnement qui semble incompréhensible au président du groupe PPE, l’Allemand Manfred Weber, qui a rappelé l’accord conclu en début de mandat avec le groupe S&D. Il a notamment souligné que l’alternance à mi-mandat était l’une des conditions sine qua non au soutien de son groupe à la candidature de Martin Schulz (allemand).
Pour rappel, le groupe PPE a élu son candidat, mardi 13 décembre dans la soirée, à bulletin secret. Alors que le processus prévoyait un vote à trois tours, les résultats de M. Tajani (94 voix) ont été tels que les trois autres candidats en lice, à savoir le Français Alain Lamassoure (38 voix), l'Irlandaise Mairead McGuinness (57 voix), et le Slovène Alojz Peterle (18 voix), se sont rétractés.
Pas de candidat en vue pour l’ADLE. Le groupe ADLE ne présentera certainement pas de candidat, nous a confié une source. Le groupe libéral envisageait en effet de présenter un candidat en la personne de son président Guy Verhofstadt, seulement en cas de victoire de Mme McGuiness, étant donné que le conservatisme de cette dernière aurait libéré un espace entre les deux grands groupes (EUROPE 11688). La question devrait être définitivement tranchée dans la semaine, vraisemblablement en marge du dîner de Noël organisé mercredi 14 décembre, nous dit-on.
La candidate du groupe CRE présente son manifeste. La candidate du groupe CRE, la Belge Helga Stevens, est également à la manœuvre pour conquérir les cœurs. Elle a ainsi présenté, mercredi 14 décembre, un manifeste en vue de réunir tous les groupes mécontents de la « grande coalition ». Dans son manifeste, Mme Stevens se présente comme une candidate qui dépassera les clivages politiques pour représenter le Parlement « dans toute sa diversité ». « Je serai parfois en désaccord avec certains députés, mais je respecterai leur mandat », a-t-elle ainsi déclaré.
Il est notable que la campagne pour la présidence du PE soit dominée par l'Italie, la GUE/NGL présentant également une candidate issue de la délégation italienne. (Pascal Hansens)