Les ministres européens de la Pêche sont parvenus, mercredi 14 décembre à Bruxelles, vers deux heures du matin, à un accord politique à l’unanimité sur les totaux admissibles de captures (TAC) et quotas pour 2017 dans les eaux de l'Atlantique, Manche et mer du Nord. Les possibilités de pêche augmentent pour un assez grand nombre de stocks.
Il aura fallu deux jours, deux textes de compromis et de longues discussions en trilatérales (délégation, Présidence slovaque et Commission européenne) pour venir à bout de ce marathon 'pêche'.
Les grands pays pêcheurs, comme l'Espagne, la France et le Royaume-Uni, ont salué le compromis obtenu, tandis que certaines ONG ont regretté que les ministres aient parfois ignoré les recommandations plus prudentes des scientifiques. La ministre espagnole, Isabel García Tejerina, s’est déclarée satisfaite du compromis permettant aux pêcheurs du pays de disposer de 41 000 tonnes de prises supplémentaires en 2017, ce qui équivaut à 44 millions d'euros en termes économiques.
L'accord prévoit notamment, à la demande de l'Espagne, une hausse de 9% du TAC de merlu du nord. L'Espagne et le Portugal ont fait en sorte de limiter les baisses de prises pour le merlu du Sud (-8,4%, à 10 520 tonnes, contre -31% dans la proposition initiale). Il y a aussi une hausse de 7,9% en plus pour tenir compte des règles sur l'obligation de débarquement.
Le Danemark a obtenu une hausse de 42% du TAC de cabillaud dans le Kattegat. Le TAC de cabillaud en mer du Nord augmente de 17%, à 32 553 tonnes.
Le Royaume-Uni a salué la hausse des quotas de cabillaud et de merlan en mer du Nord (+17%) et une augmentation de 46% du TAC de crevettes en mer du Nord. Les quotas de lotte au nord augmentent de 20%. Pour l’églefin, les captures baissent de 47% (zone de la côte ouest) mais augmentent de 45% dans la zone Rockall.
Parmi les autres résultats du second texte de compromis vu par EUROPE, figurent : - les quotas de baudroie (lotte) restent stables en zone 7 (Manche et mer Celtique, 33 516 tonnes) et 8 (golfe de Gascogne, 8980 tonnes) ; - le TAC de cabillaud en mer Celtique est réduit de 38%, à 2830 tonnes (la Commission proposait au départ une baisse de 68%) ; - une baisse de 15% du TAC de sole en Manche-Est, à 2769 tonnes (la Commission proposait -26%) ; - une baisse de 23% pour le chinchard espagnol et portugais ; - une baisse de 25% pour les cardines aussi bien en Manche et mer Celtique (à 13 691 tonnes) que dans le golfe de Gascogne (1352 t) ; - une hausse de 8,6% pour la langoustine en zone 7 ; - une baisse de 10% pour le lieu jaune en zone 7 (et statu quo dans le golfe de Gascogne) ; - des hausses de TAC pour plusieurs stocks de raies ; - une hausse de 21% pour le TAC de merlan de mer Celtique (à 27 500 tonnes) et le maintien du TAC dans le golfe de Gascogne (2540 tonnes).
Bar. La France a allégé les restrictions sur la pêche au bar. S’agissant du bar de la zone nord, les chalutiers de fond pourront pêcher au maximum un total de 3% des captures par jour, dans la limite de 400 kg par mois. Les fileyeurs pourront bénéficier d’un plafond mensuel de capture de 250 kg. Le quota annuel de 10 tonnes pour les ligneurs est maintenu.
Pour le bar de la zone Sud, la Commission a retiré ses propositions initiales concernant la pêche professionnelle. La France prendra des mesures nationales de gestion.
Le commissaire à la Pêche, Karmenu Vella, a salué le fait que 44 stocks en 2017 (contre 36 en 2016) seront gérés conformément au rendement maximal durable (RMD). (Lionel Changeur)