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Bulletin Quotidien Europe N° 11689
CONSEIL EUROPÉEN / Royaume-uni

Un dîner sans Mme May pour clarifier les procédures du 'Brexit' et réaffirmer l'unité des Vingt-sept

C’est sans le Premier ministre britannique, Theresa May, que les leaders des Vingt-sept dîneront jeudi soir à Bruxelles pour évoquer le ‘Brexit’, la sortie du Royaume-Uni de l’UE, et qu’ils essaieront de peaufiner encore les principes qui guideront les négociations avec Londres une fois que le gouvernement britannique aura activé l’article 50 du Traité de l’UE.

Cette ‘exclusion’ de Mme May n’est pas une surprise, puisque le Traité prévoit que toutes les décisions des États membres concernant le pays souhaitant quitter l’UE doivent être élaborées et prises sans ce dernier. Il est donc logique que les Vingt-sept discutent entre eux de la stratégie qu'ils appliqueront dès que Londres aura notifié formellement sa sortie, en l’occurrence, théoriquement avant la fin mars 2017, comme l’a promis Mme May.

Selon une source diplomatique, plusieurs messages devront sortir de ce dîner reprenant notamment les principes déjà établis par les Vingt-sept le 29 juin, quelques jours après le référendum britannique. Et une réunion des ‘sherpas’ des Vingt-sept, lundi 12 décembre, a montré qu’il y avait une « vue unanime » sur le fait de réaffirmer ces principes. Ceux-ci portent notamment sur le fait de ne pas négocier avec Londres avant la notification et sur le caractère indissociable des quatre libertés fondamentales du marché intérieur.

D’autres principes pourront être élaborés, a dit cette source, refusant toutefois de préciser lesquels. Ces principes se bâtiront, entre autres, sur le travail de Michel Barnier, le négociateur de la Commission, et les visites entreprises par le Français dans la plupart des États membres. Mais l’intention restera d’afficher l’unité des Vingt-sept face au Royaume-Uni.

Ce dîner devrait par ailleurs permettre de clarifier les procédures du ‘Brexit’, a ajouté cet officiel. Pour les Vingt-sept, il est important d’être « en ordre de bataille et que nous ne perdions pas de temps sur les questions de procédure et d’organisation, quand interviendra la notification », a commenté un autre diplomate. Il sera donc proposé aux chefs d’État et de gouvernements de convenir des modalités de négociations.

Et alors que le Parlement européen, en la personne de son négociateur belge, Guy Verhofstadt, a critiqué mercredi matin le fait de ne pas avoir été invité à ce dîner et menacé de mener des négociations en parallèle, la question de l’implication de cette institution dans les négociations pourrait aussi être abordée. Pour le diplomate, « le PE approuvera le résultat de la négociation. Il faudra beaucoup de transparence, un compte-rendu systématique, mais pas non plus de confusion des rôles ».

Le PE sera « au second plan », a dit un autre diplomate national, qui estime aussi que le négociateur Michel Barnier devrait avoir un mandat très fort ; mais  le Conseil, notamment sa formation 'Affaires générales', surveillera les négociations. (Solenn Paulic avec Camille-Cerise Gessant et Jan Kordys)

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