L’Union européenne a rappelé, jeudi 8 décembre, qu’elle était fortement opposée à la politique israélienne de colonisation et aux actions menées dans ce contexte, alors que la Knesset est en train d’adopter une loi qui pourrait conduire à la légalisation de nombreux colonies et avant-postes.
« La Knesset est en train d'adopter le ‘projet de loi de régularisation’ qui pourrait conduire à la légalisation de nombreuses colonies illégales et de nombreux avant-postes illégaux, construits sur des terres privées palestiniennes, en violation du droit israélien et international, en confisquant les droits de propriété des Palestiniens pour l’utilisation des colons », a expliqué la porte-parole du Service européen pour l’action extérieure dans un communiqué. Selon elle, si la loi est adoptée, ce sera la première par la Knesset sur « le statut de la terre en Cisjordanie, un territoire occupé qui n'est pas sous sa juridiction ». « Des hauts responsables du gouvernement israélien ont qualifié cela d'étape vers l'annexion de la Cisjordanie », s’est inquiétée la porte-parole.
Elle a rappelé que les colonies, illégales au regard du droit international, constituaient un obstacle à la paix et menaçaient la viabilité d’une solution à deux États.
Le projet de loi, qui a été adopté en première lecture le 7 décembre par 57 voix contre 51, légaliserait 4 000 logements dans des colonies. Il doit encore être voté en deuxième et troisième lectures avant d’avoir force de loi. Si toutes les colonies sont illégales au regard du droit international, les avant-postes sont également illégaux selon la loi israélienne. La loi pourrait, donc, si elle est adoptée, être par la suite retoquée par la Cour suprême. (Camille-Cerise Gessant)