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Bulletin Quotidien Europe N° 11685
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ACTION EXTÉRIEURE / MÉditerranÉe

Les deux rives plaident pour un renforcement de leur coopération sécuritaire

Le coordinateur de l’UE pour la lutte contre le terrorisme, Gilles de Kerchove, tout comme plusieurs politiques et hauts fonctionnaires des pays du sud de la Méditerranée, ont plaidé, jeudi 8 décembre, en faveur d’une plus grande coopération entre l’UE et la rive sud de la Méditerranée dans la lutte contre les organisations terroristes.

« La lutte contre le terrorisme est un défi pour la stabilité et la sécurité des pays méditerranéens. Cela nécessite une réponse collective et concertée. (…) Aucun pays ne peut prétendre pouvoir faire face, seul, à la menace », a expliqué le gouverneur directeur des Affaires générales au Ministère de l’Intérieur du Maroc, Karim Kassi-Lahou, lors d’une conférence organisée par le groupe S&D au Parlement européen sur la dimension sécuritaire au Maghreb.

Un avis partagé par le directeur de la division antiterroriste au ministère égyptien des Affaires étrangères, Khaled Azmy : « On doit être solidaire, la menace terroriste nous concerne tous, que l’on soit au nord ou au sud de la Méditerranée ». « Il faut avoir une approche bien plus globale dans la lutte contre le terrorisme et nos partenaires doivent avoir la même », a-t-il ajouté, rejetant les accusations selon lesquelles les pays de la zone seraient responsables de l’origine du terrorisme. Pour M. Azmy, « le déploiement militaire et sécuritaire ne permettra pas de mettre fin au terrorisme, il faut aussi des mesures socioéconomiques, c’est aussi pour cela que le soutien de l’UE est essentiel. Le soutien doit être rapide et fort ».

Un soutien que les Européens sont disposés à apporter. À la suite des attentats de Paris de janvier 2015, la Haute Représentante de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, a demandé à M. de Kerchove de créer un partenariat entre le Service européen pour l’action extérieure et les services de renseignement des pays voisins. Selon ce dernier, la coopération est bien avancée avec la Tunisie, le Liban et la Jordanie et l’UE est en discussion avec l’Égypte et l’Algérie et souhaite faire de même avec le Maroc. « Il faut une coopération régionale renforcée. S’il y a une chose que l’on peut exporter, c’est notre expertise sur la façon de mettre ensemble des États souverains sur des questions aussi sensibles », a expliqué le coordinateur de l'UE. Il a souhaité que la coopération ne soit pas uniquement entre pays de l’UE ou entre l’UE et la rive sud de la Méditerranée, mais également entre les pays sud-méditerranéens.

Selon M. Kerchove, l’UE peut partager son expérience en matière de justice, de lutte contre l’extrémisme, de protection d’infrastructures essentielles, de sécurité aéroportuaire ou encore sur la protection des frontières. « On a beaucoup à apprendre de vous », a-t-il aussi lancé à ses interlocuteurs. Ainsi, M.Kassi-Lahlou et le ministre algérien des Affaires maghrébines, de l’Union africaine et de la Ligue arabe, Abdelkader Messahel, ont détaillé les actions de leur pays, qui pourraient servir aux Européens. « Le volet répressif à lui seul ne saurait contrer ce fléau », a rappelé M. Kassi-Lahou, qui a prôné une dimension multidimensionnelle. Avec M. Messahel, ils ont, entre autres, exposé l'expérience de leurs pays concernant la formation des imams, l'encadrement des mosquées, et l’éducation. Le Maroc a ainsi partagé  avec plusieurs pays européens son expérience sur la formation des imams à travers des formations dispensées par la fondation Mohammed VI, a d’ailleurs rappelé M. Kassi-Lahlou. (Camille-Cerise Gessant)

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