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Bulletin Quotidien Europe N° 11685
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ACTION EXTÉRIEURE / Maghreb

L'absence d'intégration coûte à chaque pays de 2 à 3% de son PIB par an

Le groupe social-démocrate (S&D) du Parlement européen a organisé, mercredi 7 et jeudi et 8 décembre à Bruxelles, un séminaire sur le thème des relations avec le Maghreb et le coût de sa non-intégration, qui affaiblit le PIB de chacun des cinq pays membres (Algérie, Libye, Maroc, Mauritanie, Tunisie) et limite leurs échanges commerciaux.

« Pour un Maghreb plus fort et plus uni : relever les défis communs » : cet intitulé est traité, sur les deux journées, en séances différenciées par sujet : « la dimension économique et les coûts du non-Maghreb », « la société civile comme facteur d'intégration régionale », « la dimension sécuritaire » (avec la présence annoncée, jeudi, du coordinateur de l'UE pour la lutte contre le terrorisme, Gilles de Kerchove, et du vice-président du Conseil présidentiel du gouvernement libyen) et, enfin, une discussion sur « le dialogue politique ».

À l'ouverture, le vice-président du groupe S&D, le Roumain Victor Bostinaru, a affirmé la volonté de coopérer entre les deux rives : « le Maghreb est plus important que jamais pour l'Europe », surtout après les mutations déclenchées dans la région. Il a estimé qu'un « Maghreb fort et stable est essentiel pour l'UE, et d'abord pour la région elle-même ». Le groupe S&D a l’intention de « pousser l'UE à nous rapprocher davantage » et, ajoute le vice-président Bostinaru, la conviction est que « l'effort viendra de la région elle-même ». Le potentiel est énorme, a-t-il affirmé, économique, social et culturel et, sur le plan de la sécurité, la coopération sera importante. « Ces pays paient le manque d'intégration entre eux », a-t-il souligné.

Zakia Sekkat, présidente du Comité de suivi de l'UME (Union maghrébine des employeurs), Jihene Boutiba-Mras, secrétaire général de l'Union maghrébine des confédérations d'entreprises (BusinessMed, reliée à BusinessEurope), Noureddine Zekri, directeur général de la Banque maghrébine d'investissement et du commerce extérieur, Moncef Cheikhrouhou, ancien directeur de l'Institut de financement du développement du Maghreb arabe, et Mohamed Bakalem, membre du Comité économique et social algérien ont, tour à tour, dressé un état des lieux complet du processus d'intégration.

Ce processus demeure théorique, car mis en œuvre assez partiellement, aussi bien sur le plan législatif et réglementaire qu'effectif. Deux exemples significatifs : dans les relations portuaires, les échanges maritimes ne sont pas directs, mais transitent par les ports de la rive européenne. Un projet d'autoroute commune, trans-maghrébine, a été réalisé. Il a été finalisé dans chacun des pays, mais les jonctions aux frontières sont inopérantes. Le résultat en est que « les échanges ‘sud-sud’ ne dépassent pas 3% des échanges extérieurs globaux de la région maghrébine ».

Lors de la séance suivante, le rôle de la société civile a été mis en exergue. Toutefois, deux intervenants du monde associatif - Mohamed Saïd Saadi, du réseau arabe d’ONG de développement, et Mohamed Ahmed El Hadj Sidi, de la coordination maghrébine des organisations des droits humains - ont rappelé ses limites, en l’absence de transparence et en raison de la faiblesse de l'exercice démocratique, malgré un cadre législatif parfois juste, mais non exécuté pleinement. Les États auraient même tendance à encadrer la société civile et limiter son impact sur l’évolution des sociétés, alternant offres, pressions et répression, ont affirmé certains intervenants. Les sociétés civiles comptent sur l’appui européen, avec le vœu que l’UE n’impose pas ses propres choix.

Le représentant de l’association des universités arabes a présenté les projets maghrébins inscrits dans un cadre général arabe, et a affirmé que la coopération euro-arabe dans le domaine universitaire est bien engagée. (Fathi B'Chir)

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