Le premier vice-président de la Commission européenne, Frans Timmermans, a présenté mercredi 30 novembre, à l’occasion du 10ème Forum européen sur le droit et la protection des enfants en migration, les mesures prioritaires que doivent mettre en place les institutions européennes afin de venir en aide aux mineurs non accompagnés en migration.
La crise migratoire est un enjeu européen qui a touché de plein fouet la Grèce et l’Italie, respectivement représentées au forum par Ioannis Mouzalas, responsable de la migration au ministère grec de l’Intérieur, et Mario Morcone, son homologue italien. « Nous demandons aux institutions européennes de faire preuve d’un peu plus d’imagination afin d’arriver à des résultats. », a déclaré M. Morcone.
« La relocalisation a du mal à décoller, mais elle doit absolument devenir une politique commune. La Commission doit rapidement se pencher là-dessus », a concédé M. Timmermans. Jusqu’à présent, la relocalisation de mineurs non accompagnés se trouvant en Grèce et en Italie s’est uniquement réalisée par l’intermédiaire d’accords bilatéraux entre États membres, essentiellement avec l’Allemagne et l’Estonie.
Un système d’enregistrement commun, avec des échanges de données entre États membres, doit également figurer parmi les priorités de l’UE. Selon le vice-président de la Commission, « les systèmes doivent se parler, les États membres doivent absolument pouvoir communiquer », comme c’est le cas dans la lutte contre le terrorisme. Cela permettrait de mieux localiser les enfants et de faciliter les regroupements familiaux.
M. Mouzalas et M. Morcone ont également encouragé la Commission à mettre en place des institutions de tuteurs. Ce projet, vivement soutenu par M. Timmermans, permettrait à des juges dans différents États membres de nommer directement un tuteur pour un mineur non accompagné en migration, afin que ces enfants puissent rapidement être placés dans des familles d’accueil et non dans des camps de réfugiés.
Une situation qui ne s’améliore pas
Les flux migratoires suivent une dynamique propre, et le nombre de mineurs non accompagnés en migration ne cesse d’augmenter en Europe. Plus de 60 000 migrants sont encore bloqués en Grèce, dont 48% d’enfants. Parmi ces enfants figurent pas moins de 250 mineurs non accompagnés qui doivent encore être pris en charge. « Ces mineurs se retrouvent dans des camps, dans des infrastructures non appropriées, sont victimes de traite, de trafic et d’exploitation sexuelle », s’est insurgée la députée européenne Nathalie Griesbeck (ADLE, française).
Pour M. Morcone, « accueillir ne se limite pas uniquement à augmenter le nombre de places ». La Commission devrait donc prochainement se pencher sur des questions touchant notamment aux possibilités de scolarisation, de stages ou encore de places universitaires pour les enfants en migration. Un meilleur respect des délais de procédures, notamment d’enregistrement, a également été soulevé à plusieurs reprises durant le forum. « C’est un tel accueil de qualité qui évitera que les enfants quittent les camps, qu’ils se volatilisent dans la nature et qu’ils soient à la merci des réseaux terroristes », a assuré M. Morcone.
« Ces enfants ne doivent pas être considérés comme un problème d’aujourd’hui, ils seront aussi notre richesse de demain », a conclu M. Timmermans. (Thomas Régnier, stagiaire)