Une étape a été franchie, jeudi 1er décembre à Bruxelles, vers la création formelle du Fonds européen de développement durable (EFSD), ce nouvel instrument de l’UE destiné à favoriser les investissements en Afrique et dans les pays du voisinage de l’UE pour juguler les flux migratoires en provenance de ces pays vers l’UE.
Les ambassadeurs des États membres auprès de l’UE sont parvenus, jeudi matin, à un accord sur un texte de compromis de la Présidence slovaque du Conseil, relatif à la proposition de règlement portant création de l’EFSD et établissant la garantie ainsi que le Fonds de garantie. Le texte agréé sera adopté sans débat lors d’une prochaine réunion du Conseil de l’UE, sous la forme d’une orientation générale (accord de principe) ayant valeur de mandat de négociation avec le Parlement européen, a indiqué une source diplomatique à EUROPE.
L’objectif est de parvenir rapidement à un accord en première lecture sur ce Fonds dont la création a été proposée par la Commission en septembre dernier. « L’EFSD vise en particulier à s’attaquer aux causes profondes de la migration irrégulière en créant des opportunités d’emploi, en encourageant les investissements et en facilitant le développement durable dans le pays partenaires. C’est un instrument vital », a déclaré Peter Javrocik, représentant permanent de la Slovaquie auprès de l’UE, ravi de cette avancée qui respecte la date butoir de la fin de l'année, fixée par le Conseil européen pour parvenir à un accord. Les négociations avec le Parlement européen devraient débuter l'an prochain, a-t-il ajouté.
L'EFSD est le premier pilier du Fonds européen d’investissement extérieur qui doit permettre, avec un budget initial de 3,35 milliards d'euros de lever quelque 44 milliards d’euros d'investissements d’ici à 2020 dans les pays africains du groupe ACP avec lesquels l’UE a conclu des partenariats sur la migration et les pays du voisinage (Liban, Jordanie). Les deux autres piliers sont l'assistance technique et des programmes thématiques de coopération au développement, conjugués à un dialogue politique structuré pour améliorer le climat d'investissement des pays concernés.
L'EFSD a pour objectif de stimuler, par un mélange de fonds publics existants (comme les ressources du Fonds européen de développement dédié aux pays ACP) et privés, des investissements pouvant contribuer à la croissance durable et inclusive, à la création d’emplois et aux objectifs universels de développement durable.
20% au moins de ses ressources devraient être alloués à des investissements dans les domaines de l’énergie durable et de la lutte contre le changement climatique. Le Fonds sera géré par la Commission européenne en coopération avec la BEI. Il appartiendra aux deux institutions de s’accorder sur les conditions de leur coopération.
La garantie EFSD, qui vise à lever les obstacles à l'investissement privé, serait de maximum 1,5 milliard d’euros. Mais tous les chiffres dans le projet de texte sont entre crochets. Les États membres attendent la fin de l'exercice de révision en cours des perspectives financières pluriannuelles pour en discuter plus avant. (Aminata Niang)