Le président tunisien, Beji Caïd Essebsi, reçu ce jeudi 1er décembre au Parlement européen réuni en session plénière, a adressé à l’Assemblée, et à l’Europe dans son ensemble, un message d’amitié et de reconnaissance pour le soutien qui lui est apporté.
C’est un « moment historique », a affirmé le président du Parlement, qui a loué l’attitude d’une Tunisie « attachée à ses valeurs traditionnelles et, en même temps, ouverte au dialogue », qui partage les mêmes valeurs que l’Europe. « Un exemple », a-t-il souligné.
Dans cette phase de transition, « la Tunisie n’est pas seule », a affirmé Martin Schultz, qui a salué le « parcours exceptionnel » accompli par ce pays, devenu un « modèle de pluralisme et de tolérance » à une époque où les extrémistes envoient un message inquiétant.
Il a réitéré que le Parlement a, vis-à-vis de la Tunisie, un « engagement politique » et qu’il « suivra de près » ceux pris par l’UE. « C’est plus qu’une question de solidarité, c’est l’affirmation de notre avenir », a-t-il dit au cours de son allocution préliminaire.
Le président tunisien a longuement plaidé le cas de son pays qui se présente à l’Europe avec « un nouveau visage ». Il a en effet « adopté une constitution pour un État civil, sans référence religieuse » et « a démontré à tous ceux qui ont la phobie de l’Islam qu’il n’est pas incompatible avec la démocratie ».
Pour M. Essebsi, sa propre visite, ce jour, est « fortement symbolique d’une Tunisie qui célèbre les 40 ans de sa coopération » avec une Europe qui est sa « zone d’ancrage traditionnelle », avec laquelle elle a des « liens historiques », appelant à se tourner plus vers l’avenir que vers le passé.
« La transition démocratique a un coût », a dit M. Essebsi. Le pays, qui enregistrait, il y a quelques années, une croissance de 5%, subit aujourd’hui une « dégradation macro-économique ». Pour le président tunisien, les « instruments traditionnels sont insuffisants ». Il rend cependant hommage à l’UE et, en particulier, au Parlement européen pour son « appréciation particulière » de l’enjeu tunisien. M. Essebsi faisait explicitement référence à l’initiative du Parlement d’un ‘plan Marshall’ en faveur de son pays et d’une reconversion de la dette. Il a remercié l’Europe dans son ensemble pour son engagement concret à la faveur de la conférence sur l’investissement, ‘Tunisia 2020’ qui a eu lieu mardi et mercredi à Tunis.
Le défi est aussi régional, a souligné le président tunisien. Il suscite une « phase de doutes et d’incertitudes » dans un « contexte régional tourmenté ». La Tunisie, qui est « aux avant-postes de la lutte contre le terrorisme, contribue (ainsi) à la sécurité de l’Europe ».
Le président Béji Caïd Essebsi a eu, sitôt après, au Parlement, un entretien bilatéral avec la Haute Représentante pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité et vice-présidente de la Commission européenne, Federica Mogherini. (Fathi B’Chir)