Bruxelles, 22/09/2016 (Agence Europe) - La Banque centrale européenne (BCE) a opté pour le statu quo pour sa politique monétaire, n'ayant pas encore les idées tout à fait claires sur l'impact qu'aura l'issue du référendum britannique sur la croissance et l'inflation, jeudi 21 juillet, lors de la réunion du conseil des gouverneurs. Elle a donc maintenu son taux de dépôt à -0,4%, le taux de refinancement à 0% et la facilité de prêt marginal à 0,25%,
« Dans les prochains mois, quand nous aurons plus d'informations, y compris de nouvelles projections, nous serons en meilleure position pour réévaluer les conditions macroéconomiques sous-jacentes, les trajectoires les plus probables de l'inflation et de la croissance et la distribution des risques autour de ces trajectoires », a expliqué le président de l'institution de Francfort, Mario Draghi, à l'issue de la réunion. « Si cela est justifié pour atteindre nos objectifs, le conseil des gouverneurs agira en utilisant tous les instruments disponibles dans le cadre de son mandat », a-t-il ajouté.
La BCE estime que le résultat du référendum, qui a donné le 'Brexit' en tête, aura un impact sur la croissance de la zone euro de 0,2% à 0,5% du PIB sur trois ans. Des chiffres à prendre avec prudence, compte-tenu des incertitudes qui prévalent, selon Mario Draghi. Il a par ailleurs reconnu que les marchés financiers avaient réagi au référendum britannique avec une résistance encourageante.
Pas de changement non plus en ce qui concerne le programme d'achat d'obligations mené par la BCE, Les opérations se poursuivront à un rythme mensuel de 80 milliards d'euros « jusque fin mars 2017 ou au-delà, si nécessaire, et, en tout cas, jusqu'à ce que le conseil des gouverneurs observe un ajustement durable de l'évolution de l'inflation conforme à son objectif ».
Interrogé sur la situation des banques italiennes, dont les bilans sont particulièrement exposés à des prêts toxiques ('non performing loans'), il a estimé que certains pas avaient été faits dans la bonne direction. Mais régler ce problème prendra du temps, a-t-il prévenu. Plus longtemps la situation restera ce qu'elle est, plus longtemps le secteur bancaire fonctionnera moins bien, a-t-il expliqué. Sur une note plus générale, il a ouvert la porte à un « filet de sécurité public » ('public backstop'), dans des circonstances exceptionnelles quand le marché des prêts toxiques ne fonctionne pas bien, afin d'éviter des ventes au rabais ('fire sale'). (Élodie Lamer)