Bruxelles, 16/06/2016 (Agence Europe) - Deux principaux groupes de l'opposition syrienne - la Coalition nationale pour la révolution syrienne et les forces d'opposition (SOC) et le Comité national de coordination des forces de changement démocratique (NCB) - ont demandé, mercredi 15 juin, que le format E3+3 (Allemagne, France, Royaume-Uni et Chine, États-Unis, Russie), qui a permis un accord sur le nucléaire iranien, soit utilisé dans le cadre de la crise syrienne, afin d'avancer vers la paix.
« Nous devrions être capables de construire sur le format E3+3. Ce format pourrait aider d'une façon ou d'autre, concernant la Syrie », a estimé le président de la SOC, Anas Al-Abdeh, lors d'une conférence de presse à Bruxelles. Soulignant que le groupe international de soutien à la Syrie comptait de nombreux membres, il a jugé que le format E3+3 pouvait être plus efficace et empêcher, dans les négociations, la mainmise exclusive de la Russie et des États-Unis, qui selon lui, n'a pas permis de faire des progrès. Les 6 membres de l'E3+3 pourraient être rejoints par un ou deux pays du Moyen-Orient, a ajouté le président de la SOC.
Dans leur déclaration commune publiée à l'issue d'une rencontre de trois jours à Bruxelles, les deux groupes de l'opposition syrienne ont appelé l'UE à être plus engagée politiquement dans la résolution du conflit. « Nous appelons l'UE à renforcer son rôle, en soutenant et en assurant le succès d'une solution politique, en plus de sa participation active dans le soutien du processus de négociation, la mise en œuvre des résolutions internationales, le fait de mettre fin à la violence du régime, la lutte contre toutes les formes de terrorisme et le renforcement du soutien aux réfugiés syriens », précise la déclaration commune. « L'UE doit être plus efficace, apporter plus de soutien pour parvenir à une solution politique », a précisé M. Anas.
Plus tôt dans la journée, M. Anas et le coordinateur général du NCB, Hassan Abdulazim, ont rencontré la Haute Représentante pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini. Celle-ci a rappelé que l'UE « était prête à renforcer son engagement sur le plan politique et à intensifier ses efforts, en collaboration avec tous les partenaires internationaux, pour créer les conditions pour une reprise substantielle des discussions politiques sous les auspices de l'ONU à Genève », selon un communiqué du Service européen pour l'action extérieure. (Camille-Cerise Gessant)