Strasbourg, 16/06/2016 (Agence Europe) - Le Conseil de l'Europe (COE) s'est saisi de l'occasion de l'Euro de football pour ouvrir à la signature sa « Convention sur une approche intégrée de la sécurité, de la sûreté et des services lors des matches de football et autres manifestations sportives ». L'événement est en effet prévu le 3 juillet prochain, avant le dernier match des quarts de finale qui se jouera au Stade de France de Paris.
Ce nouveau texte est l'actualisation d'une première « Convention européenne sur la violence et les débordements de spectateurs lors des manifestations sportives et notamment les matches de football » lancée dans la foulée des tragiques événements du Heysel en 1985. Dès 1983, le sujet avait d'ailleurs fait l'objet d'une recommandation de l'Assemblée parlementaire au Comité des ministres.
Près de trois décennies se sont donc écoulées depuis la publication de ces premières mesures et il est apparu que leur contenu ne concordait plus, voire même était en contradiction, avec le contexte qui s'est développé durant ces dix dernières années. « Beaucoup jugeaient cette convention inadaptée, estimant que certaines de ses dispositions étaient plutôt de nature à exacerber qu'à réduire les risques de violence et de débordement, en particulier, mais pas uniquement, lors des matches de football », souligne le rapport explicatif qui accompagne la nouvelle Convention.
Celle-ci insiste sur le caractère intégré des mesures qu'elle préconise. Ces dernières s'articulent en effet autour de trois axes interdépendants: la sécurité (protection des biens et de la santé des personnes qui assistent à un match à l'intérieur ou à l'extérieur du stade ou qui travaillent ou résident à proximité de la manifestation), la sûreté (prévention et réduction des risques) et la qualité des services mis en place afin que les personnes et les groupes se sentent bien accueillis. « L' 'hospitalité' a des effets démontrables sur le comportement des supporters et les niveaux de risque correspondants » précise en effet le rapport pour lequel il convenait de « remédier » à cette « lacune fondamentale » de la première Convention.
D'autres facteurs récents sont pris en compte dans la nouvelle série de mesures. On peut citer parmi ceux-ci l'immigration, qui a conduit à l'installation dans plusieurs pays européens de supporters d'équipes nationales, les voyages à bas prix, qui permettent à un plus grand nombre de supporters de traverser le continent pour assister à des matches ainsi que le développement de la couverture médiatique qui s'attache plus qu'auparavant à couvrir chaque événement en relation avec un grand match.
Très circonstancié, le texte réclame des procédures claires concernant, par exemple, l'utilisation d'engins pyrotechniques, les comportements violents, racistes ou discriminatoires et souligne la nécessité pour les joueurs et les entraîneurs d'agir conformément aux principes de tolérance et de respect inhérents au sport.
Il souligne également l'importance des stratégies policières, qui doivent être non seulement élaborées, mais aussi régulièrement évaluées et perfectionnées. Elles doivent inclure la collecte et l'échange de renseignements, y compris au niveau international, tout en prenant en compte la proportionnalité des interventions pour éviter l'escalade des risques ou des troubles.
Des mesures sont par ailleurs prévues pour sanctionner les actes de violence et de débordements, notamment des mesures d'exclusion et différentes procédures à mettre en place, tant dans le pays où l'infraction a été commise que dans celui où résident les individus concernés. Des restrictions de voyage sont également préconisées.
En matière de sécurité, le texte rappelle que les infrastructures des enceintes sportives doivent être conformes aux normes et réglementations nationales et internationales pour permettre une gestion efficace de la foule et réclame que les plans de secours et d'intervention soient systématiquement définis, testés et perfectionnés.
Par le biais de cette convention particulièrement axée sur le football - mais dont les dispositions peuvent également s'appliquer à des sports tels que le basket ou le hockey sur glace, susceptibles, eux aussi, d'attirer des foules considérables - les États signataires s'engageront à renforcer la coopération policière internationale en désignant un point national d'information football (PNIF) qui facilitera l'échange d'informations à caractère personnel dans le cadre des matches internationaux. (Véronique Leblanc)