Bruxelles, 16/06/2016 (Agence Europe) - Les parents de l'étudiant italien torturé et tué en Égypte, Giulio Regeni, ont demandé, mercredi 15 juin à l'UE et aux États membres, de faire davantage pression sur les autorités égyptiennes, y compris en prenant des mesures, pour que la vérité soit faite sur le meurtre de leur fils (EUROPE 11485).
« Nous aimerions que le gouvernement égyptien ressente la pression de l'Europe et de tous les États qui la composent », a souligné le père de Giulio, lors d'une audition en sous-commission des droits de l'homme du Parlement européen. Il a souhaité que l'UE et ses États membres entreprennent plusieurs actions, telles que rappeler les ambassadeurs des États membres, déclarer l'Égypte « pays non sûr » et suspendre l'accord de réadmission, les accords sur l'envoi d'armes ou de moyens servant à la répression interne et l'accord économique. Il a aussi demandé aux autorités européennes de suivre de près les processus entrepris à l'encontre des militants des droits de l'homme et aux ambassades européennes en Égypte d'offrir une protection et une collaboration à tous ceux qui pourraient fournir des informations concrètes sur la mort de Giulio. « Voilà ce qui, d'après nous, pourrait rendre plus fortes les actions de l'UE et des différents États membres », a-t-il justifié.
« Les gens me demandent ce que font le gouvernement italien, l'Europe, la Communauté européenne. Nous ne devons plus commémorer, nous devons agir », a ajouté la mère de Giulio, qui s'est qualifiée de « parent errant dans les institutions pour que vérité et justice soient faites ».
Les députés européens ont apporté leur soutien aux demandes des Regeni. Le Parlement a déjà adopté, le 10 mars, une résolution sur le meurtre de Giulio Regeni (EUROPE 11509). Une autre résolution sur les relations UE-Égypte devrait être prête pour juillet, selon Andrea Cozzolino (S&D, italien).
Plus tôt dans la journée, les Regeni ont rencontré la Haute Représentante pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini. Celle-ci a rappelé qu'elle avait personnellement soulevé le cas avec le ministre égyptien des Affaires étrangères, tout comme l'avaient fait des représentants du Service européen d'action extérieure et de la Commission dans leurs contacts avec les autorités égyptiennes, et que l'UE soutenait toutes les initiatives prises par les autorités italiennes dans leur recherche de la vérité sur la mort de leur fils. (Camille-Cerise Gessant)