Bruxelles, 16/06/2016 (Agence Europe) - Les ministres de l'Emploi des États membres de l'UE, réunis à Luxembourg jeudi 16 juin, ont tenu deux débats, l'un très consensuel à propos des recommandations par pays en matière socio-économique et l'autre, conflictuel, sur le détachement des travailleurs.
Le premier débat, qui s'est déroulé dans le cadre de l'exercice 2016 du processus de 'Semestre européen', a été très consensuel par rapport aux années précédentes. À l'image des avis exprimés par la Pologne et la Slovénie, de nombreux ministres ont exprimé leur satisfaction de voir le nombre de recommandations en diminution et de nature plus générale.
Cette année, près de la moitié des recommandations de la Commission européenne (114) touchent à l'emploi et la politique sociale, avec une priorité accordée aux compétences, à l'éducation et la formation, et aux politiques actives du marché du travail. Cette nouvelle approche a aussi été saluée par l'Allemagne et la Hongrie. Plusieurs ministres ont apprécié le fait que la Commission européenne mette moins l'accent sur les systèmes de retraites et l'allongement de la vie professionnelle. Seule la Bulgarie a clairement indiqué qu'une des recommandations qui lui a été adressée était « inacceptable ». Elle ne veut pas augmenter le revenu minimal garanti, car cela aurait peu d'effets et déstabiliserait son budget.
Quant à la mise en œuvre de ces recommandations, les avis ont été plus partagés entre les institutions européennes. Si la Présidence néerlandaise du Conseil s'est félicitée des progrès enregistrés en la matière, la Commission a, elle, insisté sur les efforts qui doivent encore être entrepris. Les progrès ont été limités ou partiels, a noté le vice-président de la Commission, Valdis Dombrovskis. Il a cité l'Irlande, l'Espagne, le Portugal et les pays baltes comme exemples de succès, où une mise en œuvre efficace de réformes structurelles se traduit par une amélioration de la santé socio-économique de ces pays.
Le second débat, qui a porté sur la proposition de révision de la directive de 1996 sur le détachement des travailleurs, a été beaucoup moins consensuel, avec une fracture relativement franche entre les États membres de l'Est et de l'Ouest, comme vu précédemment (EUROPE 11560). Les ministres ont approuvé le rapport de progrès de la Présidence, qui montre essentiellement qu'il n'y a pas de progrès (EUROPE 11572). La commissaire Marianne Thyssen, qui a réaffirmé préparer une réponse au « carton jaune » dans le « courant du mois de juillet », a de nouveau dû faire face à des critiques de plusieurs États membres (Roumanie, République tchèque et Lettonie) et des appels directs à retirer sa proposition exprimés par la Hongrie, la Pologne et la Lituanie. Le Danemark, dont le Parlement a participé à la procédure du « carton jaune », s'est montré ouvert à un compromis. (Jan Kordys)