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Bulletin Quotidien Europe N° 11574
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POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) santÉ

Le Conseil va réclamer des plans nationaux sur la résistance antimicrobienne et l'alimentation saine

Bruxelles, 16/06/2016 (Agence Europe) - La réunion des ministres de la Santé des États membres de l'UE, qui va se dérouler à Luxembourg, vendredi 17 juin, aura, une fois encore, trois thèmes principaux: la résistance aux antimicrobiens, l'amélioration des produits alimentaires et l'accès aux médicaments. Cette réunion devrait se solder par un appel en faveur de stratégies nationales d'ici à 2017 pour les deux premiers dossiers et en faveur d'une coopération volontaire pour l'accès aux médicaments.

Le projet de conclusions sur la résistance aux antimicrobiens invite les États membres à mettre en place un plan d'action national, et la Commission européenne à présenter un plan d'action européen. Les plans d'action nationaux, qui devront être adoptés avant la mi-2017, devront inclure des objectifs mesurables visant à réduire l'utilisation des antimicrobiens dans le secteur de la santé humaine et animale. Ils devront également inclure des mesures visant à renforcer l'utilisation prudente des antimicrobiens en médecine humaine et vétérinaire. En médecine vétérinaire, cela suppose d'éviter l'utilisation préventive systématique d'antimicrobiens. En médecine humaine, il s'agira de prévoir des actions visant à améliorer les pratiques de prescription.

Le plan d'action de l'UE, qui s'appuiera sur le concept « une seule santé », devra, quant à lui, comporter des objectifs (quantitatifs ou qualitatifs, clairement définis et mesurables) des valeurs de référence et des mesures efficaces permettant d'atteindre ces objectifs. Selon un Eurobaromètre publié le 16 juin, la consommation d'antibiotiques a diminué de 6% au cours des dernières années en Europe tandis que les Européens manquent toujours d'information en la matière: 57% d'entre eux ne savent pas que les antibiotiques sont inefficaces contre un virus.

Le projet de conclusions sur l'amélioration des produits alimentaires ensuite appelle, lui aussi, à l'adoption par les États membres de plans nationaux en vue de permettre aux consommateurs d'opter plus facilement pour une alimentation saine d'ici à 2020. Ces stratégies, qui pourront se présenter sous la forme d'un nouveau plan ou être intégrées dans un plan existant, devraient encourager le recours à des produits alimentaires ayant une moindre teneur en sel, en graisses saturées et en sucres ajoutés et, le cas échéant, à des portions de taille réduite. Ils devraient également soutenir les informations aux consommateurs sur la composition nutritionnelle des aliments transformés. Le projet de conclusions invite également la Commission à évaluer les valeurs de référence en vigueur pour la réduction de la teneur en sel et en graisses saturées, et à soutenir la définition de nouvelles valeurs de référence possibles, à l'instar de ce qui s'est fait récemment pour le sucre.

Dans un troisième projet de conclusions enfin, le Conseil demande aux États membres d'envisager une coopération volontaire pour faciliter l'accès des patients à des médicaments abordables. Les États membres devraient unir leurs efforts pour, par exemple, étudier des stratégies relatives aux négociations communes des prix sur une base volontaire au sein de coalitions d'États membres, ou encore procéder à une analyse prospective commune ('horizon scanning') en vue de l'introduction future de nouveaux médicaments susceptibles d'avoir une incidence financière importante sur les systèmes de santé des États membres. Ils devraient, en outre, veiller à ce qu'il existe un lien plus étroit entre autorisation de mise sur le marché, évaluation des technologies de la santé et remboursement des produits concernés pour permettre aux patients d'accéder plus rapidement aux produits appropriés, à un prix abordable.

La Commission, de son côté, est invitée à effectuer une analyse approfondie de la législation relative aux médicaments en vigueur dans l'UE ainsi que des mesures incitatives connexes et de leur incidence en termes de disponibilité, d'accessibilité et d'innovation. Dans ce cadre, elle devrait aussi évaluer l'impact des mesures incitatives sur les stratégies adoptées par l'industrie en matière de fixation des prix.

La veille, les ministres de l'Emploi ont fait le point sur les travaux relatifs à la directive révisée concernant la protection des travailleurs contre les risques liés à l'exposition à des agents cancérigènes ou mutagènes au travail. Cette législation, présentée mi-mai (EUROPE 11551), introduit des valeurs limites pour réduire l'exposition à 13 agents cancérogènes. Lors de l'échange de vues, la Belgique et le Danemark ont appelé la Commission à aller plus loin. La commissaire Marianne Thyssen a promis qu'elle présenterait des limites d'exposition professionnelle pour 12 substances supplémentaires d'ici à la fin de l'année. Elle a ajouté qu'il serait « fantastique » et « symbolique » d'avoir un accord politique au Conseil en octobre 2016 sur ce texte.

Lors de cette même réunion, les ministres ont discuté du travail du groupe d'experts sur l'évaluation de la performance des systèmes de santé créé en 2014 et dont le mandat en 2017 sera consacré aux premiers soins. (Sophie Petitjean)

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