Bruxelles, 16/06/2016 (Agence Europe) - Lors d'un échange de vues avec les eurodéputés de la commission pour le développement régional (REGI) du Parlement européen sur l'agenda urbain et sur l'évaluation ex post de la période 2007-2013, mercredi 15 juin, la commissaire à la Politique régionale a réitéré son intérêt pour utiliser des indicateurs autres que le PIB pour déterminer les budgets alloués aux régions dans le cadre de la politique de cohésion.
« Autant que je sache, le PIB est le seul indicateur reconnu. Mais, bien sûr, nous pouvons prendre en compte d'autres critères, tels que la création d'emplois, la pauvreté ou les indicateurs sociaux », a ainsi déclaré la commissaire, répondant à une question de Monika Vana (Verts/ALE, autrichienne). Mme Cretu a cité ainsi le cas de l'OCDE qui aurait introduit également des indicateurs de bien-être dans ses évaluations (appelé indicateurs du « Vivre mieux »). Ce n'est pas la première fois que la commissaire affirme son ouverture pour un élargissement des indicateurs (EUROPE 11488).
Une position qui semble quelque peu en dissonance avec celle de son chef de cabinet, Nicola De Michelis, qui, dans un entretien donné à Contexte et publié lundi 13 juin, s'est dit peu en faveur d'une intégration de nouveaux indicateurs, ajoutant que les États membres seraient peu enclins à « distribuer de l'argent sur la base d'indicateurs composés, avec des pondérations arbitraires ». M. De Michelis a, par ailleurs, ajouté que les services de la Commission avaient fait une étude comparative entre une carte théorique de l'éligibilité d'indicateurs fondée sur le PIB et une carte fondée sur l'indice de développement humain des Nations unies, ainsi que d'autres indicateurs composés. Conclusion: « il n'y a pas d'énormes différences », selon lui.
L'ajout de nouveaux indicateurs serait pourtant très important pour certaines régions, à en croire l'eurodéputé et vice président de la commission REGI, Younous Omarjee (GUE/NGL, français). Tout en reconnaissant la fiabilité du PIB, il en voit aussi les limites. Il rappelle ainsi le cas de la Martinique. Sur une base de calcul fondée sur le PIB, la Martinique risquerait de sortir de la catégorie des régions les moins développées et voir, par conséquent, les fonds qui lui sont alloués drastiquement réduits. C'est un point qui avait été souligné par plusieurs régions lors d'une réunion de bureau de la Conférence des régions périphériques et maritimes à Florence, qui avait mis la proposition entre parenthèses (EUROPE 11427).
La question gagne en acuité alors que les réflexions sur l'avenir de la politique de cohésion débutent et que l'évaluation de la politique de cohésion pour 2007-2013 se profile. Jeudi 16 juin, la Commission européenne publiait d'ailleurs ses résultats provisoires sur la période antérieure, à l'occasion de la 7ème Conférence sur l'évaluation européenne à Sofia. (Pascal Hansens)