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Bulletin Quotidien Europe N° 11445
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POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) agriculture

Grandes cultures, les prix devraient stagner avant d'augmenter en 2022

Bruxelles, 03/12/2015 (Agence Europe) - Les prix des grandes cultures devraient globalement stagner dans les années à venir, avant d'augmenter à partir de 2022, a indiqué mercredi 2 décembre à Bruxelles, Koen Dillen, des services de l'agriculture de la Commission européenne.

Le prix du blé devrait se situer autour de 190 €/tonne en 2025, bien en dessous du pic de 250 €/t atteint en 2012, a indiqué l'expert de la DG Agriculture, lors de la conférence sur les perspectives pour l'agriculture de l'UE. Mais des hausses de prix plus importantes sont susceptibles d'être observées au cours de la période, en raison de la baisse de la production dans un pays producteur majeur. La Commission s'attend à une concentration encore plus forte vers le maïs et le blé.

Entre 2016 et 2025, la demande de céréales sera tirée principalement par l'alimentation animale et de bonnes perspectives d'exportation, en particulier pour le blé et l'orge, a indiqué la Commission.

Cependant, les biocarburants ne seront plus un des moteurs de la croissance. Les incertitudes qui règnent sur le marché après 2020 sont trop importantes (pas d'objectif européen d'incorporation, plafond imposé à la première génération, 2ème génération qui tarde à être compétitive, changement de législation nationale notamment en Allemagne, prix bas du pétrole). Ils ne représenteront que 6,5% des carburants dans les transports en 2020 (+15%), estime la Commission.

S'agissant de la production de céréales, la croissance européenne sera limitée par la réduction des surfaces cultivables (-3%) et le faible accroissement des rendements, notamment pour les céréales à paille.

La demande en oléagineux devrait, elle, être principalement tirée par le secteur de l'élevage. Ce sont les importations de tourteaux de soja qui devraient en profiter. Les productions de colza et de tournesol devraient globalement se maintenir, malgré le recul des surfaces cultivées. La part des huiles végétales dans la production de biocarburants devrait reculer, au bénéfice des huiles usagées et des résidus de culture.

La production de protéagineux est appelée à bondir de plus de 40% au cours de la période étant donné l'environnement politique favorable (soutien couplé et obligation de surfaces d'intérêt écologique). La part de la superficie totale devrait cependant rester faible.

C'est dans le secteur du sucre que les incertitudes sont les plus grandes, compte tenu de la fin annoncée des quotas de production en 2017. L'isoglucose pourrait notamment pénétrer certains marchés en particulier dans les États membres ayant abandonné la production. De manière générale, le prix du sucre dans l'UE devrait peu à peu baisser pour coïncider avec les cours mondiaux. Malgré cette baisse des prix, la production de sucre devrait augmenter à près de 18 millions de tonnes en 2025 (+5%), grâce à des gains de rendements. L'UE devrait donc devenir autosuffisante en sucre et pourrait même en exporter. (Lionel Changeur)

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