Bruxelles, 03/12/2015 (Agence Europe) - Le ministre turc des Affaires européennes, Volkan Bozkir, a annoncé que son gouvernement va présenter, mercredi 9 décembre, un plan d'action destiné, notamment, à répondre aux attentes des Européens pour ce qui est de la gestion des flux migratoires.
« Le conseil des ministres va se réunir lundi (7 décembre) et le groupe d'action sur les réformes va se rencontrer afin de discuter de ce qui a été convenu » lors du sommet conjoint UE/Turquie du 29 novembre (EUROPE 11441) et le « mercredi (9 décembre) nous allons annoncer le plan de 6 mois et le calendrier du gouvernement pour réaliser les réformes promises », a-t-il déclaré, lors d'une conférence de presse conjointe avec le commissaire européen aux Négociations d'adhésion, Johannes Hahn, jeudi 3 décembre. Ces réformes vont toucher au système judiciaire, entre autres pour assurer une meilleure démocratisation de la vie en Turquie et afin d'apporter une réponse aux 72 critères à remplir pour obtenir la libéralisation des visas, a-t-il précisé.
Le Premier ministre turc, Ahmet Davutoglu, est d'ailleurs de nouveau attendu à Bruxelles le 17 décembre. Une discussion avec la Commission européenne est prévue, surtout pour faire un point sur les dernières évolutions de la crise migratoire.
Lors de leur rencontre, MM. Bozkir et Hahn ont également discuté du processus d'adhésion de la Turquie, alors que, le 14 décembre, va être ouvert le deuxième chapitre de négociation en l'espace de cinq ans, à savoir le chapitre 17 sur la politique économique et monétaire. Selon le ministre turc, ce sera l'occasion de donner « l'élan et l'énergie pour poursuivre » le processus d'adhésion.
La Commission et la Turquie vont aussi commencer à travailler sur plusieurs chapitres. M. Hahn a précisé qu'il avait discuté avec M. Bozkir des chapitres 15 sur l'énergie, 23 sur les droits fondamentaux et l'appareil judiciaire, 24 sur la sécurité, la liberté et la justice, et le 26 sur l'éducation. Le chapitre 31 fait aussi partie des chapitres sur lesquels la Commission entend maintenant travailler.
Ces cinq chapitres sont actuellement bloqués par Chypre. « Nous allons commencer à travailler sur les autres chapitres importants, nous allons finaliser le travail » et, ainsi, « quand les obstacles politiques dans la région seront levés, nous serons prêts, nous ne perdrons pas plus de temps », a affirmé M. Bozkir. M. Hahn s'est dit, en même temps, optimiste sur une solution à la division de l'île chypriote.
Le commissaire européen a toutefois rappelé les inquiétudes de l'UE concernant l'indépendance de la justice et la liberté d'expression en Turquie, alors que plusieurs journalistes ont été récemment arrêtés. Il a aussi souligné l'importance du processus de paix avec les Kurdes.
En ce qui concerne l'économie, M. Bozkir a insisté sur la révision de l'Union douanière, les négociations formelles pouvant être lancées vers la fin de 2016. Selon lui, si le volume d'échange actuel est de 150 milliards d'euros, une Union douanière révisée, qui comprendrait l'agriculture, les services et les marchés publics, permettrait de doubler le volume, soit des échanges à hauteur de 300 milliards. (Camille-Cerise Gessant)