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Bulletin Quotidien Europe N° 11445
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) yÉmen

L'UE appelle à la reprise urgente du dialogue

Bruxelles, 03/12/2015 (Agence Europe) - L'ambassadrice de l'UE au Yémen, Bettina Muscheidt, a appelé, mardi 1er décembre, à la fin du conflit armé au Yémen et au retour aux négociations de manière urgente.

« Il faut, c'est extrêmement urgent, mettre fin à la campagne armée, mettre les parties autour de la table des négociations et avoir, pour la première fois, une discussion substantielle », a-t-elle souligné lors d'un débat sur la situation au Yémen en sous-commission des droits de l'homme du Parlement européen. Selon elle, si les discussions n'ont pas lieu et n'avancent pas rapidement, la situation pourrait échapper à tout contrôle.

Si plusieurs tentatives de dialogue ont eu lieu sans succès, Mme Muscheidt a jugé que, cette fois-ci, les parties semblaient beaucoup plus sérieuses en ce qui concerne la proposition de l'ONU de tenir de nouveaux pourparlers. L'ambassadrice de l'UE a demandé aux quelques députés européens présent d'apporter leur soutien à l'ONU et de pousser leur gouvernement à s'engager fermement pour que les négociations commencent.

Belkis Wille, de Human Rights Watch, a rappelé que le conflit, en particulier les raids de la coalition menée par l'Arabie Saoudite, ont fait, jusqu'à présent, plus de 2 600 morts parmi les civils, dont 60% à cause des bombes. Selon Mme Wille, la coalition a réalisé des dizaines d'attaques en violation du droit de la guerre. Elle a ainsi appelé la coalition à enquêter sur les frappes qui n'ont pas atteint leur cible militaire et à ce que les commandants soient tenus pour responsables. Elle a condamné l'utilisation de bombes à fragmentation. Mme Wille souhaite aussi que les États qui ont vendu des bombes aux pays de la coalition, dont la France et le Royaume-Uni, enquêtent sur leur utilisation, soulignant par exemple, qu'une bombe britannique avait été utilisée dans une attaque sur une usine civile.

La représentante de Human Right Watch a rappelé la situation humanitaire catastrophique dans le pays. Sur les 26 millions d'habitants que compte le Yémen, 21 millions ont besoin d'une assistance. 11,6 millions ont besoin d'un aide humanitaire et 14,4 millions ont des besoins en nourriture qui restent insatisfaits. 14 millions de personnes n'ont pas non plus accès aux soins de santé.

Si le conflit a fait empirer la situation dans le pays, Mme Muscheidt a rappelé qu'avant le conflit l'État yéménite était déjà faible. « Les institutions yéménites sont arrivées à un point de rupture », a-t-elle précisé, expliquant qu'un rapport des Nations unies publié il y a deux ans révélait que des tribunaux devaient fermer par manque de ressources et de juges.

Mme Mischeidt et Mme Wille ont aussi rappelé les violations des droits de l'homme hier comme aujourd'hui dans le pays qui autorise, entre autres, le mariage des enfants et condamne à mort des mineurs. Mme Wille a demandé une réunion extraordinaire du Conseil des Nations unies pour les droits de l'homme, espérant qu'elle déboucherait sur une résolution demandant une enquête sur les violations des droits de l'homme au Yémen. (Camille-Cerise Gessant)

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