Bruxelles, 03/12/2015 (Agence Europe) - À la veille de l'entrée en vigueur de l'accord de libre-échange entre l'UE et l'Ukraine qui pourrait envenimer les tensions commerciales avec la Russie, l'Allemagne cherche à convaincre la Commission de s'entendre avec Moscou pour éviter une détérioration des relations.
À cette fin, le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, a proposé que l'UE s'entende avec la Russie sur une déclaration conjointe contenant des initiatives sur les investissements dans l'économie russe et sur des concessions en matière d'énergie en vue de créer un espace économique plus intégré entre l'océan Pacifique et l'océan Atlantique, a rapporté le Financial Times mardi 1er décembre.
Cette proposition visant à « créer un espace commun et se rapprocher de la Russie » a été formulée dans un message adressé en novembre par M. Steinmeier à la commissaire au Commerce, Cecilia Malmström, et cette initiative a été, selon lui, soutenue par la chancelière allemande, Angela Merkel.
« À travers le contenu de cette déclaration, nous pourrions répondre aux désirs de la Russie et commencer un dense échange de vues sur l'énergie et la protection des investissements, même si l'accord commercial UE/Ukraine ne les concerne pas directement », a expliqué M. Steinmeier dans cette lettre.
L'autre composante évoquée par le chef de la diplomatie allemande serait « d'élever la perspective d'une coopération entre l'UE et l'Union économique eurasiatique (la zone économique créée entre la Russie, le Biélorussie et le Kazakhstan) accompagnée d'un règlement pacifique du conflit dans l'est ukrainien ».
Malgré un langage commun confirmant l'entrée en vigueur de l'accord de libre-échange entre l'UE et l'Ukraine au 1er janvier 2016 et la poursuite, en parallèle, de consultations à trois à travers divers cadres de coopération, l'UE, la Russie et l'Ukraine ne sont pas parvenues, lors d'une énième réunion ministérielle trilatérale, mardi 1er décembre, à un compromis satisfaisant, aux yeux des Russes, pour prendre en compte leurs préoccupations relatives à la mise en oeuvre de cet accord (EUROPE 11444).
Les trois parties sont convenues de poursuivre leurs consultations au niveau des experts et des ministres. Une réunion trilatérale au niveau des experts devrait se tenir la semaine prochaine.
La Russie, qui applique un régime douanier préférentiel à l'Ukraine, menace d'abandonner ce régime et d'étendre à l'Ukraine l'embargo imposé à l'UE sur certains produits alimentaires, si ses préoccupations ne sont pas prises en compte sous une forme juridiquement contraignante qui nécessiterait une réouverture de l'accord de libre-échange UE/Ukraine, ce que l'UE refuse.
Les consultations à trois sur l'accord de libre-échange UE/Ukraine font partie de l'accord de paix de Minsk du 12 février relatif au conflit entre Kiev et les rebelles prorusses dans l'est ukrainien. (Emmanuel Hagry)