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Bulletin Quotidien Europe N° 11433
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POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) climat

Les Verts, confiants dans un accord à la COP 21, doutent de son ambition

Bruxelles, 18/11/2015 (Agence Europe) - Pour la COP 21, le groupe des Verts/ALE est confiant dans la conclusion d'un accord climatique mondial, même s'il ne se fait guère d'illusions sur le niveau d'ambition final. Il continue toutefois d'espérer que la clarté sera faite sur la décarbonisation et sur les financements, en particulier de la part de l'UE.

Rebecca Harms (Verts, allemande), vice présidente du groupe des Verts/ALE au Parlement européen, et Bas Eickhout (Vert/ALE, néerlandais), expert en questions climatiques, l'ont dit à un petit groupe de journalistes, mardi 17 novembre à Bruxelles, en faisant le point sur les questions clés de la conférence de Paris et le rôle qu'y jouera l'UE. « Après les attentats de Paris, c'est une très bonne chose que la COP 21 soit maintenue. Y renoncer aurait été un mauvais signal. Nous ne sommes pas renversés par le contenu du projet de texte, mais il peut y avoir des progrès. La question est de savoir comment lier les plans nationaux d'action pour la réduction des émissions et la transition énergétique à un Traité international. Celui-ci sera plus ou moins contraignant », a déclaré Rebecca Harms.

Europe locomotive ? L'approche 'bottom up', en vertu de laquelle chaque pays annonce ses propres plans, est beaucoup moins ambitieuse que l'approche 'top down' adoptée à Copenhague en 2009 (COP 15) et qui avait les faveurs des Verts. « Elle a néanmoins le mérite d'avoir enclenché des processus comme la transition énergétique, le changement d'attitude des États-Unis, une stratégie climatique renforcée de la Chine », a concédé la vice-présidente. « Mais nous ne sommes pas du tout satisfaits de la position de l'UE qui se voit comme la locomotive depuis des années et ne devrait pas se contenter, pour l'horizon 2020, d'un objectif qu'elle a déjà atteint, non pas par la seule action climatique, mais pour partie du fait de la récession économique. La décarbonisation sera une question clé. Nous attendons plus de clarté », a-t-elle ajouté.

Pour Bas Eickhout, pas de doute: « Il y aura un accord, tant la pression est grande. La conférence de Paris débouchera sur un Traité sur lequel le monde s'engagera et il y aura une décision de la COP. La forme contraignante de l'accord concernera les 2 degrés C. Les engagements ne seront pas dans le Traité. Celui-ci sera très court, la plupart des décisions seront dans la décision de la COP », a-t-il pronostiqué.

L'une des discussions les plus importantes portera sur le mécanisme de surveillance, de déclaration et de vérification (MRV) des engagements - une question particulièrement sensible pour la Chine et les États-Unis, dont on se demande dans quelle mesure ils pourraient accepter de souscrire à un processus sous l'égide de l'ONU.

Le financement climatique sera un énorme sujet de discussion, car, si tous les pays sont prêts à participer, comme en témoignent les 161 offres de contributions nationales (INDC) déposées à l'ONU, beaucoup de pays en développement ont une INDC conditionnelle, c'est-à-dire subordonnée au financement. « Or, ces conditions excèdent largement les 100 milliards de dollars US par an » promis par les pays riches à l'horizon 2020 pour soutenir les efforts d'adaptation et d'atténuation des pays en développement. Pour Bas Eickhout, la difficulté qu'a l'Europe tient à l'absence de compétence de l'UE dans ce domaine. « Elle est très dépendante des engagements des États membres. Beaucoup de petits pays n'ont pas dit ce qu'ils feront. Les pays en développement veulent de la prévisibilité. Or, la Commission ne peut rien dire car le cadre financier pluriannuel s'arrête en 2020. Ce qu'il conviendrait d'obtenir à Paris, « c'est que les parties disent qu'après 2020 il n'y aura pas moins de financement qu'en 2020 ».

Quid de 2025 ? S'agissant de la clause de révision de l'accord, d'autant plus indispensable que les INDC sur la table ne permettront pas de respecter l'objectif des 2 degrés C, « l'UE est prête à une révision quinquennale, mais n'a pas de position pour 2025 », a fait observer M. Eickhout en évoquant l'opposition de la Pologne. Et de souligner aussi que le veto de la Pologne à la ratification de l'amendement de Doha (sur la deuxième période d'engagement de Kyoto) pouvait « affaiblir la position de l'UE » dans les négociations. « Le monde a changé davantage que ne l'a fait l'Europe, qui mène les mêmes discussions, se heurte aux mêmes difficultés internes qu'en 2008 », a estimé l'eurodéputé vert.

Incertitude sur la soirée Clim'Art. Les attentats de Paris ont chamboulé l'organisation de deux événements planifiés par les Verts à l'occasion de la COP 21: une conférence le 27 novembre, précédée par la soirée Clim'Art du jeudi 26 novembre. Cet événement culturel dédié au climat, qui devait se dérouler au Bataclan en présence notamment de Daniel Cohn-Bendit et de Nicolas Hulot, ne pourra s'y tenir, pour des raisons évidentes. Les Verts souhaiteraient maintenir les deux événements, mais ne savent pas, pour l'heure, si cela sera possible et, dans l'affirmative, dans quel lieu. (Aminata Niang)

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