Bruxelles, 18/11/2015 (Agence Europe) - Saluant l'état des lieux de l'Union de l'énergie présenté par la Commission européenne, mercredi 18 novembre, le président de la commission de l'énergie du Parlement européen, Jerzy Buzek (PPE, polonais), appelle toutefois à veiller à ne pas soutenir des projets d'infrastructures en contradiction avec l'Union de l'énergie, ciblant le projet russe de doublement du gazoduc Nord Stream.
Dans un communiqué publié mercredi, M. Buzek se dit « satisfait de voir la Commission à la hauteur de sa promesse de garder le projet d'Union de l'énergie en haut de l'agenda politique ». « Le premier état des lieux de l'Union de l'énergie permet d'examiner les progrès accomplis, mais aussi de mettre en évidence les principaux domaines dans lesquels des efforts doivent être renforcés », explique-t-il.
« Ensemble avec les coordinateurs de la commission de l'énergie et les vice-présidents de la plupart des groupes politiques, nous avons averti la Commission que l'un de ces domaines est notre sécurité énergétique dans le contexte du projet de doublement du gazoduc Nord Stream. Nord Stream est la principale raison pour laquelle nous bâtissons l'Union de l'énergie: la dépendance excessive à l'égard d'un fournisseur tiers et les abus d'utilisation de l'énergie comme une arme politique », souligne M. Buzek. « Il incombe désormais à la Commission et au Conseil de veiller à ce que l'UE n'accorde pas un soutien financier ou autre, incluant des dérogations au '3ème paquet' (de libéralisation) aux projets qui contredisent les principes de l'Union de l'énergie, tels que l'expansion de Nord Stream », insiste-t-il.
Le gazier russe Gazprom a signé avec cinq partenaires européens, début septembre, un pacte d'actionnaires pour bâtir le projet Nord Stream-2, qui vise à doubler la capacité du gazoduc reliant la Russie à l'Allemagne sous la mer Baltique, Nord Stream, en service depuis 2012, pour la porter de 55 à 110 milliards de m3 par an. Gazprom pilotera ce projet auquel sont associés les énergéticiens allemands E.ON et BASF-Wintershall, l'autrichien OMV, l'anglo-néerlandais Royal Dutch Shell et le français Engie à hauteur de 10% chacun. Ce projet suscite des réserves de la Commission et de fortes préoccupations au PE (EUROPE 11406).
Plus généralement, sur le projet d'Union de l'énergie, M. Buzek a aussi insisté, mercredi, pour que tout le cadre législatif en matière d'énergie soit « décidé sur un pied d'égalité » par le PE et le Conseil de l'UE. Sur la base du rapport de Marek Jozef Grobarczyk (CRE, polonais), le PE a fixé en commission de l'énergie, lors d'un vote le 10 novembre, ses exigences pour l'Union de l'énergie (EUROPE 11428). Le vote en plénière de ce rapport (et du rapport de Peter Eriksson (Verts/ALE, suédois) sur les interconnexions, également adopté en commission de l'énergie le 10 novembre, est programmé pour la réunion plénière des 14-17 décembre. En attendant, l'état des lieux de l'Union de l'énergie, présenté par la Commission mercredi, fera l'objet d'un débat en session plénière le 24 novembre à Strasbourg. (Emmanuel Hagry)