Bruxelles, 18/11/2015 (Agence Europe) - La Haute Représentante de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, et le commissaire à la Politique de voisinage, Johannes Hahn, ont présenté, mercredi 18 novembre, la communication conjointe sur la révision de la politique européenne de voisinage, qui met l'accent sur la coopération entre l'UE et les 16 pays partenaires du voisinage (Algérie, Égypte, Israël, Jordanie, Liban, Libye, Maroc, Palestine, Syrie et Tunisie au sud ; Arménie, Azerbaïdjan, Belarus, Géorgie, Moldavie et Ukraine à l'est) sur les questions de sécurité et de migration, s'inscrivant ainsi dans l'actualité.
« La politique européenne de voisinage ne se concentrait pas sur la sécurité », a rappelé Mme Mogherini devant la commission des affaires étrangères du Parlement européen. « Il est assez évident aujourd'hui que nous devons inclure des instrument qui nous fourniront des outils (…) afin de créer davantage de résilience vis-à-vis de la menace extérieure et intérieure », a-t-elle ajouté. La communication conjointe révèle que le nouvel « accent mis sur la sécurité ouvrira un grand nombre de nouveaux domaines à la coopération », tels que la réforme du secteur de sécurité, la protection des frontières, la lutte contre le terrorisme, le crime organisé et la radicalisation, la cybercriminalité et la gestion des crises. La participation des pays partenaires aux missions et opérations menées dans le cadre de la PSDC et aux groupements tactiques de l'UE devrait être encouragée au cas par cas, tout comme leur association aux programmes et agences concernés, ajoute la communication conjointe.
La nouvelle politique européenne de voisinage devrait aussi s'orienter davantage sur des actions communes concernant les questions migratoires et de mobilité, que ce soit sur les migrations légales ou illégales ou la protection des réfugiés. La communication souligne, entre autres, « le soutien accru à ceux qui accueillent et aident des réfugiés et des personnes déplacées à l'intérieur de leur propre pays », « la coopération efficace en matière de retour, de réadmission et de réintégration durable », « l'ouverture de dialogue sur la mobilité étudiante ».
La création d'emplois et le développement économique, en particulier pour les jeunes générations, sont un autre axe de coopération, tout comme l'énergie. L'État de droit et les droits de l'homme restent des priorités de l'UE. « Pour les trois à cinq prochaines années, la stabilisation est l'enjeu le plus immédiat dans de nombreuses régions du voisinage », ajoute la communication. L'Union veut aussi étendre ces travaux aux voisins des voisins, coopérer avec les autres acteurs clés pour répondre aux défis communs tels que l'énergie ou la migration, a ajouté Mme Mogherini.
La nouvelle politique européenne de voisinage devrait être fondée sur une approche différenciée pour chaque pays, une approche sur mesure et une appropriation par les pays partenaires. Le nombre de priorités par pays sera aussi plus limité. « Tous les ministres des Affaires étrangères des pays voisins vont recevoir un courrier et seront invités à identifier les possibilités de coopération avec eux », a précisé le commissaire à la Politique de voisinage. Le traditionnel paquet annuel de rapports par pays, publié au printemps, va disparaître et les rapports seront désormais mieux adaptés à la nature de chaque relation et au calendrier de travail y afférent.
M. Hahn a souligné la nécessité d'une plus grande flexibilité des fonds associés à la politique de voisinage « pour être plus souples pour pouvoir réagir en cas d'événement ». Ainsi, Mme Mogherini et M. Hahn vont examiner l'opportunité de constituer une « réserve de flexibilité » afin de prévoir des ressources qui pourront faire l'objet d'une programmation d'urgence en cas de besoins imprévus, précise la communication. L'instrument européen de voisinage est doté d'un budget de plus de 15 milliards d'euros pour la période 2014-2020.
La communication va désormais être discutée avec les États membres, le Parlement européen et les pays partenaires. (Camille-Cerise Gessant)