Bruxelles, 18/11/2015 (Agence Europe) - Les médias algériens font grand cas de prévisions sur une baisse, à terme, des capacités d'approvisionnement de l'Europe en gaz, ce qui rend urgentes, selon le secteur des entreprises du pays, les réformes administratives et économiques et celles allant vers la diversification.
Divers forums et tables rondes ont été le théâtre, ces derniers mois, de revendications de telles réformes qui forment, par ailleurs, l'essentiel des attentes européennes dans sa coopération avec l'Algérie. Elles sont la condition d'un renforcement de la coopération, notamment commerciale, et de l'adhésion du pays à l'OMC.
L'UE est le premier partenaire commercial de l'Algérie, dont elle absorbe 54% des exportations. Les exportations de l'Algérie vers l'UE sont constituées à hauteur de 96,7% d'hydrocarbures (pétrole et gaz) et de produits miniers (pour une valeur de 28,41 milliards d'euros).
Ces prévisions, qui inquiètent les Algériens, publiées lundi 16 novembre, sont fournies par l'agence d'informations financières Bloomberg qui cite des experts qualifiés. « Le défi majeur de notre pays pour les prochaines années tient dans l'impérieuse nécessité de diversifier son économie », a affirmé le président de l'organisation patronale FCE (Forum des chefs d'entreprises), Ali Haddad. Il organisait, le 16 novembre à Alger, des 'Journées de l'entreprise' destinées à « marquer l'urgence » de cette diversification de l'économie alors que le pays amorce une période de baisse des recettes de son commerce en hydrocarbures.
L'Algérie, selon le FCE, a « une économie totalement arrimée aux recettes d'exportation d'hydrocarbures (98% des recettes d'exportations, 30% du PIB) » et un financement du budget dépendant à plus de 60% de la fiscalité pétrolière. « Les premiers signes de vulnérabilité de l'économie nationale sont donc connus et les réserves constituées au cours de la période des prix élevés du pétrole ont été entamées déjà en 2014 », estime l'organisation, prévenant que « ces réserves ne risquent pas d'être renouvelées si le prix du pétrole reste au niveau actuel ».
« Notre objectif est de transformer une économie qui dépend structurellement de la rente pétrolière et nous ne pouvons réaliser cela que par l'approfondissement des réformes, la restructuration de l'économie nationale, la transformation du mode de croissance qui donnera au secteur privé son rôle légitime dans l'édification d'une économie moderne », poursuit le FCE.
Déjà, plusieurs personnalités des milieux économiques et universitaires ont mis en cause la règle des '51/49', fréquemment critiquée par l'UE et qui pèse dans les négociations d'admission de l'Algérie à l'OMC. L'Algérie oblige encore les investisseurs à maintenir une part algérienne majoritaire dans le capital de sociétés à implanter. Or, le pays est en manque d'investissements, en particulier dans le secteur énergétique. « Il ne s'agit pas d'en sortir par un repli sur soi, mais en engageant des réformes courageuses et déterminées qui assureront le développement à long terme de notre économie », a affirmé M. Haddad. (Fathi B'Chir)