Bruxelles, 01/10/2015 (Agence Europe) - À deux jours de la date butoir fixée pour que les États membres de l'UE notifient formellement leur intention à la Commission européenne, près de la moitié des États membres de l'UE et plusieurs régions d'Europe comptent interdire la culture d'OGM sur leur territoire.
Greenpeace s'en est réjouie, jeudi 1er octobre. L'ONG voit dans cette défiance « un camouflet pour l'approche du laissez-faire de la Commission européenne » qui, pour débloquer les autorisations de culture dans l'UE, a été à l'initiative de la directive 2015/412 offrant désormais aux États membres la possibilité d'interdire ou de restreindre sur leur territoire la culture d'OGM ayant reçu le feu vert à l'échelle de l'UE.
Au 1er octobre, Autriche, Croatie, France, Grèce, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Pays-Bas et Pologne, plus la région belge de la Wallonie avaient déjà notifié leur intention de recourir à leur droit d'opt out pour interdire la culture d'OGM autorisée à l'échelle de l'UE. L'Allemagne, le Danemark, l'Italie et la Slovénie, ainsi que deux régions du Royaume-Uni (l'Écosse et l'Irlande du Nord) ont, quant à eux, annoncé l'imminence de leur procédure de notification.
Au total, donc, 13 pays sont concernés. C'est plus que les 9 pays (Allemagne, Autriche, Bulgarie, France, Grèce, Hongrie, Italie, Luxembourg et Pologne) qui, avant que la Commission ne propose de modifier la législation, avaient eu recours à des mesures de sauvegarde pour s'opposer à la culture du maïs MON 810 de Monsanto, souligne Greenpeace dans un communiqué.
« Les gouvernements, en nombre croissant, rejettent le mouvement de la Commission en faveur de l'autorisation des cultures OGM. Ils ne font pas confiance aux évaluations des risques et ont raison d'agir pour protéger leur agriculture et leur alimentation », commente Franziska Achterberg, de Greenpeace. Selon elle, « le seul moyen de restaurer la confiance est que la Commission appuie sur le bouton pause pour les autorisations de culture et réforme, de manière urgente, l'évaluation des risques et le système d'autorisation de l'UE ». (Aminata Niang)