L'OMC revoit à la baisse ses perspectives de croissance du commerce mondial pour 2015. - Les économistes de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) ont revu à la baisse, mercredi 30 septembre, les prévisions de croissance du commerce mondial pour 2015 du mois d'avril. Ils ont également baissé leur estimation pour 2016. Pour l'année en cours, la hausse du commerce des marchandises, en volume, s'élèvera à 2,8% contre 3% prévus il y a cinq mois. Pour 2016, les prévisions passent de 4% à 3,9%. Si ces projections se vérifient, il s'agirait de la quatrième année d'affilée où la croissance du commerce international serait inférieure à 3%. Plusieurs tendances survenues dans l'économie mondiale à la mi-2015 expliquent cette baisse d'optimisme. Outre une faible croissance de l'économie mondiale, c'est surtout le recul des importations en Chine, au Brésil et dans d'autres économies émergentes qui assombrissent les perspectives de croissance du commerce mondial. À cela s'ajoutent encore la baisse des prix des matières premières et notamment du pétrole, la volatilité sur les marchés financiers et l'incertitude en matière de politique monétaire aux États-Unis. C'est en Asie que l'OMC a fortement revu à la baisse ses prévisions pour 2015. En avril, la croissance des exportations était encore estimée à 5% dans cette région, mais elle a été ramenée à 3,1% en septembre. En cause, la baisse des échanges intra-régionaux plombés par le ralentissement économique de la Chine. Les prévisions en matière de croissance des importations de la région suivent la même courbe descendante: de 5,1% en avril, elles ont été ramenées à 2,6% en septembre, encore une fois à cause de la situation économique en Chine dont les importations ont ralenti, ce qui se répercute sur l'ensemble de la région. Les prévisions en matière de croissance des importations en Amérique centrale et en Amérique du Sud pour 2015 sont également pessimistes. Déjà négative en avril (-0,5%), la croissance devrait encore chuter à -5,6% selon les prévisions de septembre. Cette dégradation est liée à une récession économique en oeuvre au Brésil, liée à une instabilité politique. Rien qu'au deuxième trimestre de cette année, les importations du pays se sont effondrées de 13% sur un an. (Isabelle Lamberty)