Bruxelles, 17/07/2015 (Agence Europe) - Les ministres européens des Affaires étrangères se réuniront à Bruxelles, lundi 20 juillet, pour aborder les défis et les menaces existants au sud de l'Europe, en se focalisant en particulier sur le soutien que peut apporter l'Union européenne à la Tunisie après l'attentat de Sousse fin juin, notamment à travers une éventuelle mission de politique de sécurité et de défense commune (PSDC), et à la Libye, alors qu'un accord de paix vient d'être signé.
Les ministres procéderont tout d'abord à un échange de vues sur l'accord intervenu à Vienne sur le programme nucléaire iranien (EUROPE 11359). Ses conséquences sur les relations entre l'UE et l'Iran ainsi que les perspectives que cet accord ouvre pour le réengagement de Téhéran aux côtés de l'UE sur certains dossiers régionaux seront les deux points qui devraient être traités lors du débat. Les ministres devraient approuver des conclusions qui évoqueront notamment le mécanisme de levée des sanctions, comme le prévoit l'accord de Vienne, mais à condition qu'une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU soit votée entretemps.
L'accord de paix conclu à Skhirat (Maroc) entre les parties libyennes (EUROPE 11358), excepté le gouvernement non reconnu de Tripoli, constituera le point de départ du second débat qu'auront les ministres en présence de l'envoyé spécial de l'ONU, Bernardino León. Devrait être évoquée la procédure à prendre vis-à-vis des personnes qui n'ont pas paraphé l'accord ou nuisent à sa mise en oeuvre, même si aucune mesure de sanction n'est prévue dans l'immédiat. Les ministres devraient aussi reprendre la discussion sur les modalités d'accompagnement de la mise en oeuvre de l'accord, surtout dans le domaine de la sécurité.
Le troisième débat sera consacré à la Tunisie. Les ministres discuteront à vingt-huit du soutien qui peut être apporté aux autorités du pays quant à la transition démocratique et le renforcement de la sécurité. Le service européen d'action extérieure (SEAE) a préparé un document sur les différentes options de soutien, dont le recours aux instruments d'assistance communautaire, des projets pour la réforme du secteur de sécurité, de nouvelles dispositions commerciales ou encore une assistance technique. Gilles de Kerchove, coordinateur de l'Union européenne pour la lutte contre le terrorisme, présentera ses propres recommandations pour un soutien de l'UE à la lutte antiterroriste (EUROPE 11361).
Pour le déjeuner, les ministres seront rejoints par le Premier ministre tunisien, Habib Essid, et son chef de la diplomatie, Taïeb Baccouche. Les ministres européens pourraient à cette occasion leur proposer que l'UE mette en place une mission de conseil et de formation PSDC, une idée évoquée dans le document du SEAE. Une telle mission aurait comme objectif de soutenir les autorités tunisiennes dans la sécurisation de la frontière avec la Libye. Des conclusions sur la Tunisie devraient être approuvées.
Les ministres poursuivront dans l'après-midi avec un échange de vue sur le processus de paix au Proche-Orient (des conclusions sont aussi attendues), avant d'évoquer le nouveau plan d'action 2015-2019 sur les droits de l'homme et la démocratie.
En fin de journée, les ministres évoqueront encore rapidement la diplomatie concernant le changement climatique (avec à la clé des conclusions), les relations avec Cuba et la Colombie (après une demande express de l'Espagne) et l'opération navale de l'UE en Méditerranée EUNAVFOR Med (qui sera pleinement opérationnelle fin juillet). Un point sera aussi fait sur les situations dans l'Ancienne République yougoslave de Macédoine (ARYM), après le récent accord de sortie de crise (EUROPE 11360), et en Bosnie-Herzégovine, où on craint l'instabilité après que le parlement de l'entité serbe a voté, mercredi 15 juillet, l'organisation d'un référendum sur l'abolition des institutions de la justice centrale qui avaient été mises en place à la demande de la communauté internationale.
La réunion va se clôturer avec le Conseil de stabilisation et d'association (CSA) entre l'ARYM et l'UE.
Les ministres devraient adopter sans débat une série de conclusions sur: l'Afghanistan, le Pakistan, le Mali, la République centrafricaine, la migration, la diplomatie de l'énergie. (Jan Kordys)