Antalya, 16/12/2014 (Agence Europe) - L'Assemblée euro-méditerranéenne des autorités locales et régionales (ARLEM), réunie les 14 et 15 décembre à Antalya (Turquie), a achevé ses travaux par l'adoption de rapports sur son programme d'activité 2015 dont un des axes est d'influer sur la redéfinition en cours de la 'politique de voisinage' européenne et d'axer ses objectifs de façon à associer davantage les autorités régionales et locales.
D'autres rapports ont été adoptés sur la gestion des déchets, sur l'affermissement de la coopération déjà amorcée avec l'Union pour la Méditerranée (UpM) et, enfin, un rapport sur « le rôle des collectivités dans la gestion des migrations en Méditerranée ». Dans ce dernier rapport, élaboré par le Maire de Lisbonne en concertation avec la plupart des autorités des pays de la rive sud, il est rappelé que la région euro-méditerranéenne a « toujours été un espace de contact entre les peuples et le théâtre de mouvements migratoires importants », des migrations « volontaires ou forcées », mais intensifiées au lendemain des récents bouleversements sur la rive sud de la Méditerrannée.
« Le conflit libyen a provoqué un déplacement en masse (800 000) vers les pays voisins; notamment en Tunisie et en Égypte. Depuis 2011, le conflit en Syrie a généré une vague de réfugiés dans la région (2,9 millions) surtout en Jordanie (604 000), au Liban (1,1 million), en Turquie (795 000), en Égypte (138 000) et en Irak (220 000) » et « seul un nombre limité de réfugiés syriens est arrivé dans l'UE (83 000 demandes d'asile depuis 2011) ». L'impact est donc, selon le Maire de Lisbonne, plus lourd sur les pays de la rive sud que nord.
Pour l'Europe, le flux migratoire, dans sa « complexité », peut même être une « opportunité » par la « promotion de la migration légale » tout en luttant contre les flux illégaux. Cela implique la nécessité d'un « cadre stratégique » qui s'appuie sur « quatre piliers: le respect des droits humains, le droit de sortir de tout pays et de revenir dans son pays d'origine, la promotion de l'immigration régulière » et la « garantie de protection internationale ».
C'est un appel à un « dialogue structuré » que lance l'ARLEM au titre de ce rapport discuté lundi.
Les collectivités locales et régionales y joueraient un « rôle notable dans l'effort conjoint » à mener. « La complexité de la situation exige une réponse commune et coordonnée », conclut le rapport.
Deux rapports sont mis en train pour la prochaine session, dans un an. L'un sur « l'emploi et le développement territorial », l'autre pour un « agenda urbain durable dans la région méditerranéenne » pour lequel, a affirmé le co-président de l'ARLEM, Michel Lebrun, qui a souhaité la convocation d'une session ministérielle spécifique. Sur ce même thème, Beatrice Taulegne, directrice au CdR, a présenté au nom du secrétariat de l'ARLEM un projet de « renforcement des compétences pour un développement urbain intégré et durable ». Il sera soumis à la « labellisation » pour devenir un projet UpM et au financement commun. Son coût initial sera de 6 millions d'euros sur une période de quatre ans (2015-2018). Son objectif sera « la mise en place d'un projet phare pour chacun des pays participants afin de renforcer les compétences des élus et des administrations publiques dans la conception stratégique et la gestion de projets » dans ce domaine du développement durable.
Enfin, la session a approuvé à l'unanimité la désignation du Maire de la ville palestinienne de Beit Sahour, Hani Abdelmasih Al Hayek, en tant que co-président et renouvelé les membres du bureau de l'ARLEM représentant les pays de la rive sud. (FB)