Bruxelles, 16/12/2014 (Agence Europe) - Le Premier ministre ukrainien, Arseni Iatseniouk, a appelé, les 15 et 16 décembre, à une nouvelle aide financière pour son pays. « Quand avons-nous besoin d'une aide financière ? Hier ! », a-t-il expliqué à l'issue du tout premier Conseil d'association UE-Ukraine, lundi 15 décembre. Lors d'une conférence organisée par l'EPC, le 16, il a souligné que l'Ukraine avait « désespérément besoin d'un paquet d'aide financière ». Rappelant que son pays ferait tout ce qui est nécessaire, il a précisé que, pour surmonter la crise, l'Ukraine avait besoin « d'un nouveau paquet d'aide financière », de soutien « pour stabiliser le secteur économique, de soutien pour le secteur budgétaire et financier ».
« Nous nous attendons à ce que, sous notre agenda de réformes et du fait que nous mettrons en place et adopterons des réformes, nous ayons ce soutien financier », a-t-il ajouté, expliquant qu'il s'agissait d'une « tâche commune avec le monde entier pour faire de l'Ukraine une success story ». Selon lui, 2015 sera l'année de la stabilité et 2016 celle de la croissance et d'une véritable reprise.
M. Iatseniouk a expliqué que la conférence des donateurs/investisseurs avait un rôle très important. Cette conférence a pour but que le FMI, l'UE, les États-Unis et les membres du G7 facilitent ce genre de financement pour adopter un plan pour la croissance et la reprise pour l'Ukraine, a-t-il ajouté. Le commissaire à la Politique de voisinage, Johannes Hahn, s'est dit « confiant » quant à l'organisation de cette conférence « début 2015 ». L'UE a fourni 1,36 milliard d'euros dans le cadre des programmes d'assistance macro-financière.
De leur côté, la Haute Représentante, Federica Mogherini, et le commissaire à la Politique de voisinage, Johannes Hahn, ont mis en avant l'importance de mettre en oeuvre les réformes et d'adopter des textes, entre autres, sur la lutte contre la corruption, la primauté du droit et l'indépendance des juges. « Bien sûr que nous allons continuer à apporter un soutien financier à l'Ukraine, mais cela dépendra des réformes », a expliqué M. Hahn. Dans ses conclusions, le Conseil d'association a souligné que l'UE et l'Ukraine avaient convenu de « l'importance de la coordination de l'aide et de la nécessité pour l'Ukraine de finaliser rapidement une stratégie nationale de réformes 2015 - 2017 afin de définir les priorités et d'attirer le soutien international pour les réformes et la reprise ».
Mardi 16 décembre, plusieurs ministres du gouvernement Iatseniouk ont précisé les réformes en cours. La ministre des Finances, Natalia Yaresko, a expliqué que la nouvelle année commencera avec un nouveau système budgétaire et de taxes. Son collègue à la Justice, Petro Petrenko, a mis en avant la législation anti-corruption, la loi sur le Bureau du procureur ou encore les réformes judiciaires. Le ministre de l'Économie, Alvares Abromavicius, souhaite des réformes en termes de dérégulation, de marchés publics et d'entreprises publiques.
L'Ukraine, « champ de bataille pour la Russie »
M. Iatseniouk a aussi souligné que l'Ukraine était un « champ de bataille pour la Russie contre l'Ouest, contre l'UE, contre les membres de l'OTAN, contre les lois et l'ordre internationaux ». Le but de Moscou est d'« annexer l'Ukraine, de faire disparaître l'Ukraine », a-t-il ajouté. Il a exhorté la Russie à mettre en oeuvre les accords de Minsk, en commençant par le contrôle des frontières. Il a souligné que le choix d'intégrer l'UE était le choix de l'Ukraine. « Ceux qui sont forts doivent soutenir l'Ukraine, ceux qui sont faibles peuvent trouver comme excuse qu'ils sont humiliés ». (CG)